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F65

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F.65 n° 13, n/c ?

Sortie de production : 1922?

F-AICP > CF-AQJ

¤ 1922 - 1925

                Si les numéros de série signifient quelque chose, cet appareil a dû sortir de production vers 1922. Le problème est qu'on ignore totalement ce qu'a pu être son rôle dans les premières années de son existence car il n'apparait dans le registre F qu'en 1926, année de son immatriculation.

                Ce type d'incertitude est particulièrement fréquent pour les Sport-Farman, sans qu'on puisse en discerner la raison.

 

¤ 1926

                Le Sport-Farman n°13 est donc enregistré le 21 mai 1926 au nom des Farman sous le CdI 1522 avec  l'immatriculation F-AICP. Equipé d'un moteur Anzani 6-A3 de 60 cv, il aura une longue, mais assez discrète, carrière.


                En septembre 1926, le F-AICP est enregistré au nom de Jean de Vizcaya. Jean et Pierre de Viscaya, tous deux brillants coureurs automobiles de l'écurie Bugatti à laquelle appartient d'ailleurs déjà le reste de la famille, ont obtenu leur brevet de pilote fin avril à l'école Morane de Villacoublay. Ils ont déjà acquis le F.65 n°20 F-AICE, enregistré en mai et qui a volé le dimanche 6 juin 1926 à la Fête de l'Union des Pilotes Civils.


¤ 1927

                L'utilisation de l'appareil par les frères Vizcaya sera de courte durée car chacun d'eux s'achète dès le début de 1927 un Morane AS (F-ABHB et F-ABHC). Ces appareils leur sont enregistrés en février 1927, et le Farman est aussitôt revendu.


                En mars, le F-AICP est enregistré au nom d'Alexis Louis, membre du même club que les frères Vizcaya. L'avion reste basé à Buc et Louis vole régulièrement le dimanche, mais il ne conservera pas l'appareil plus d'un an.


¤ 1928

                En mars, le F-AICP change une fois de plus de propriétaire dans le registre. Il est enregistré au nom de Ferrand. Il est possible que ce dernier, que nous n'avons pas identifié,  soit un commercant car il ne conserve pas longtemps l'appareil.


                En mai, le F-AICP est enregistré au nom de Maurice Drouhin qui, après ses déboires avec l'Oiseau Bleu, est un peu marginalisé. Ayant quitté Farman, il est passé au service de Couzinet qui prépare son grand trimoteur pour la traversée de l'Atlantique. Il est d'ailleurs possible que Couzinet ait participé au financement car un article des Ailes mentionne l'appareil comme "le Farman-Sport de Couzinet". En attendant la réalisation du trimoteur, Drouhin s'est associé à Maryse Bastié, a battu le  record de distance sur avions légers avec un Caudron C109.


                En mai 1928, Drouhin participe avec son Farman à la Fête aérienne d'Orly. Le 27 juin, toujours avec le Farman, il participe à la Grande Fête Aérienne de l'Aéro-Club de l'Aisne.

                Les 30 juin et 1° juillet, c'est le meeting de Vincennes pour lequel Drouhin s'est engagé dans plusieurs épreuves; pour être reconnu du public, les appareils ont été marqués de numéros de grande taille, le "12" pour le Farman de Drouhin.


                Mais le 9 août , lors d'un essai, le trimoteur Couzinet s'écrase. Drouhin décède le lendemain matin. Le Farman est stocké jusqu'au règlement des formalités.

  

Maryse Bastié passagère du F-AICP de Drouhin en 1928

¤ 1928

                Le 29 décembre, le F-AICP de Drouhin est mis aux enchères à Orly par Me Montagne, huissier, pour 5000 Francs. Il n'y aura qu'une seule enchère, pour 5100 Francs, celle de Maurice Arnoux de l'UPCF qui dira "J'ai acheté l'appareil de Drouhin, puisque personne n'était là pour le prendre, mais je compte bien que , dans quelque temps, un généreux donateur voudra s'en assurer la possession au profit de la petite Monique, la flllette de Drouhin". Le registre Veritas n'indique alors que 32 heures de vol.


¤ 1930

                L'espoir de Maurice Arnoux dut être déçu car le registre AIR 1930 donne l'appareil muté au nom de Barrot, probablement Roger Barrot, occupé de commerce d'avions légers et de moteurs ad hoc quelqu'en soit l'état semble t'il, pas nécessairement "généreux donateur".


¤ 1931

                Le 11 avril, le F-AICP est immatriculé sur le registre canadien sous l'immatriculation CF-AQJ  (CoR 992). Il est enregistré au nom de la société "Commercial transport Ltd" à Montreal *.


¤ 1935

                Le  28 mars, le F.65 est muté (Bergerville, PQ; CoR 1544) au nom d'Arthur Fecteau, pionnier de l'aviation de brousse au Quebec. "Natif de Saint-Marie-de-Beauce, Arthur Fecteau débuta sa carrière d'aviateur en 1930, à l'aérodrome du Bois Gomin à Québec. Pendant quelques années, lui et son frère Joseph y ont vivoté de l'aviation, offrant des leçons de pilotage ou des baptêmes de l'air dans les campagnes." (https://www.cf-cpa.ca/fr/arthur-fecteau.shtml) . C'est probablement dans ce cadre que se situe l'utilisation du CF-AQJ, mais ni les archives ni la brochure "L'aviation  civile au  Québec. L'aventure des Fecteau, pilotes de brousse." ne mettent en évidence l'usage fait de cet appareil.


¤ 1937

                Le 29 mai, le CF-AQJ est enregistré (CoR 2016) au nom de M. Petitclerc à Quebec.

                Le 1° novembre, le CF-AQJ est enregistré comme détruit après avoir s'être retourné au roulage sur l'aéroport du Bois-Gonin (Quebec).


* avec tous mes remerciements à Alain Bourret pour son aide sur les éléments concernant la carrière canadienne de l'appareil.

F.65    Kellett

F.65    NC71

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