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F65
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F.65 n°?, n/c 6899

Sortie de production : 1922?

F-ESAM > F-AJIL


¤ 1921 - 1922


                Pour autant qu'on puisse en juger à travers la liste de production très incomplète dans cette période, ce numéro constructeur de 6899 situerait la construction de l'appareil à la fin de 1920 ou au printemps 1921.

                En décembre 1921, Bossoutrot effectue des tours de piste avec un David désigné comme "n°208". Il essaie à plusieurs reprises cet appareil de mars à mai 1922.

                Le fait que ce même "David 208" soit crédité de 11h10 de vol pour le Meeting du Bourget en 1922 ne nous laiise guère de doute sur le fait qu'il s'agit en fait du F-ESAM, piloté par Bossoutrot à cette occasion. Bossoutrot y est même jugé omniprésent, assurant l'animation du Meeting avec son Sport-Farman, dont nous ne connaissons pas les spécificités. Les performances de l'appareil sont cependant mal adaptées aux épreuves les plus spectaculaires pour le public.

Bossoutrot devant le F-ESAM au Meeting du Bourget (Source : bnf.gallica.fr)

Le F-ESAM au décollage pendant le Meeting du Bourget. L'impression n'est pas bonne, mais permet de discerner l'immatriculation de l'appareil. (Source : Flight)


                Le F-ESAM se fait ensuite discret.

                

                Le 7 septembre 1922, le "Petit Parisien" lance un Grand Prix destiné aux motos-aviettes, appareils légers (moins de 200 kg) mus par un moteur ne dépassant pas plus de 10 cv (ce sera 15cv finalement). Le concours, qui se déroulera en juillet 1923, est doté de prix significatifs, le 1° prix étant de 100.000F. Il sera remporté par Coupet sur un Moustique Farman.

                Les constructeurs motivés par l'aviation légère - Caudron, Dewoitine et bien entendu Farman, ne manquent pas l'occasion. Chez Farman, Bossoutrot qui avait déclaré à l'occasion de Combegrasse que "un moteur de 10 HP sur son petit planeur David-Farman lui permettrait de voler avec un passager" annonce immédiatement sa participation.


¤ 1923

                Dans ce contexte, il n'est pas trés étonnant de trouver, dans le carnet de vol de Bossoutrot, la trace d'essais en vol le 28 avril, puis les 13 et 14 juin d'un "David 45 HP", sans qu'il soit possible de dire s'il s'agit d'une commande ou d'une adaptation propre à Farman.

                Compte tenu de la référence faite par l'un des propriétaires du F-AJIL (cf ci-dessous), ce pourrait avoir été une étape de la carrière du f-ESAM

  


¤ 1929 - 1939


                En septembre 1929, ce serait cet appareil qui serait réapparu à l'Aéro-Club du Havre. Il semble avoir été alors pris en compte en état démonté; il est alors doté d'un moteur Le Rhône (Clerget) 60 cv, et c'est dans cette configuration que lui est donnée l'immatriculation F-AJIL sans que pour autant il recoive un CdN. Il est alors enregistré au nom de Nansé.  Le 1° janvier 1930, Veritas le mentionne comme remonté, mais non encore testé.

                Le 27 août 1930, le registre le donne comme enregistré sous le CdN 2530 au nom de Lecroq. En septembre, une petite annonce l'indique comme étant en vente.

                En octobre 1930, il est encore enregistré au nom de Nansé. Ce dernier se tue le 23 août 1931 sur perte de vitesse à l'atterrissage avec son Potez 36.


                Le F.65 est ensuite enregistré au nom de Janssens, avant d'être repris par René Soudé. Ce dernier en est encore propriétaire lors qu'il a un grave accident en testant un Pou-du-Ciel à Auzebosc, près d'Yvetot, le 29 novembre 1935. Bien qu'handicapé, et n'étant en principe plus apte au vol, il conserve néanmoins l'avion - une certaine tolérance locale jouant - jusqu'à son retrait du registre.

                

                En 1946, le journal "Les Ailes", suite à la Semaine de l'Aviation Légère de Toussus le Noble du 22 au 28 avril 1946, mène une enquête sur l'avion de tourisme en demandant leur avis à d'anciens propriétaires par rapport à leur appareil d'avant-guerre. Parmi eux figure René Soudé, qui évoque ses souvenirs de l'appareil:

                " En définitive, je regrette mon appareil d'avant-guerre qui n'était cependant qu'un modeste Farman , datant de 1924, muni primitivement d'un Anzani 45 cv. Ce moteur avait été remplacé par un rotatif 60 cv Gnome-Rhône, véritable mécanique de précision, mais si agréable en vol malgré sa fragilité [... ] Bien que blessé gravement en 1935, en essayant un Pou du Ciel, je continuais à voler sur mon Farman et sur les appareils de l'Aéro-Club du Havre, grâce à la bienveillance de la Léon Moron et de ses amis. "


                Le F-AJIL n'apparait plus au registre de 1939.



                                

  

F.65 n°10    F-AEAT

F.65    Kellett

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