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F60
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F-4S, n/c ?

F-ESAQ

1923

                En 1923, l'Aéro-Club de France décide que les épreuves du Grand Prix des avions de transport se dérouleront du 15 au 19 septembre. Huit constrcucteurs engagent des appareils : Bréguet, Potez, Blériot, Caudron, Buscaylet et Robin et Farman. Cette épreuve nationale d'avions commerciaux est dotée par le Secrétariat d'Etat à l'Aéronautique de prix s'élevant au total à 1.000.000 francs, s'ajoutant à 100.000 F offerts par l'Aéro-Club de France.

                Les appareils doivent posséder un double poste de pilotage, un équipement de TSF, une cabine fermée pour les passagers, chacun d'eux étant représenté par un sac plombé de 80 kg fixé "sur ou sous" le siège et une soute à bagages chargée d'une valise-type de 20 kg par passager. La mise en route des moteurs doit être assurée depuis le poste de pilotage. La vitesse à pleine charge doit être d'au moins de  km/h. 


                La plupart des constructeurs n'ont aucune certitude de pouvoir respecter le calendrier de cette épreuve. Sur 8 appareils engagés, 5 seulement seront prêts dans les délais.

                Farman prévoit de présenter son nouvel appareil, un sesquiplan quadrimoteur à aile épaisse, le Jabiru. Cependant, pour éviter de déclarer forfait, Farman prépare également un quadrimoteur à partir du Goliath, formule éprouvée de transport commercial. Cet appareil nommé le F-4S est doté de 4 moteurs Salmson 9 Cm de 260 cv placés deux à deux en tandem sur l'aile inférieure et entrainant des hélices Chauvière en bois de 2,80 m de diamètre. Pour assurer le refroidissement des moteurs arrière, des radiateurs Lamblin sont installés verticalement sur les ailes inférieures, entre le fuselage et les fuseaux moteur, devant les mâts arrière.

                Le F-4S n'emporte qu'une charge de 600 kg, comme le Blériot, contre 800 kg pour le Jabiru.

                

Ci-dessus, le F-4S du Grand Prix des Avions de Transport de 1923.

[Coll. Michel Barrière]




A droite, le F-4S porte le numéro 2 sur l'avant

de l'appareil et le gouvernail pendant les épreuves.

                Avant le concours, les concurrents doivent se soumettre à des essais statiques, mais seul le Caudron 83 respecte cette clause. Le concours est de ce fait annulé, mais une nouvelle formule - sans essai statique - est aussitôt décidée par la commission spéciale chargée de gérer le concours.

                 S'estimant lésé, Caudron se retire aussitôt de la compétition.


                L'épreuve doit commencer le 15 septembre par la présentation des concurrents au jury et se poursuivre les 16 et 17, par les essais éliminatoires consistant en un vol sans escale d'au moins 2 heures dont 15 minutes à 2000 m avec chacun des moteurs arrêté à tour de rôle, puis par une épreuve de maniabilité consistant en quatre "8" réalisés avec un moteur arrêté, enfin par une réparation en vol (changement de 2 bougies appartenant à deux moteurs différents).

                Toutes ces épreuves ont lieu avion chargé, dans une configuration typique à 8 - 10 passagers. Elles doivent pouvoir être contrôlées du sol par les commissaires : pour tenir compte de la météo, l'altitude des essais éliminatoires est alors ramenée à 1000 m et les "8" de l'épreuve de maniabilité sont effectués au-dessus du Bourget.


                L'épreuve définitive de classement est prévue pour le 18 septembre sur un parcours de 3047 km comprenant d'abord un circuit de 866,46 km [ Le Bourget, Saint-Inglevert (atterrissage interdit), Metz (escale obligatoire), Le Bourget (escale facultative) ], puis 4 fois un circuit de 542,74 km [ Le Bourget (escale facultative) - Metz (escale facultative) - Le Bourget (escale facultative) ].


                Le 15 septembre, compte tenu du forfait de Caudron, cinq concurrents seulement se présentent au jury le 15 septembre :


 1 - Potez XXII, biplan trimoteur, immatriculé F-ESCA. René Labouchère, Louis Favreau (pilotes), Camille Crampel (mécanicien).

 2 - Farman F-4S, biplan quadrimoteur, immatriculé F-ESAQ. Lucien Bossoutrot, Maurice Drouhin (pilotes), Camille Jousse (mécanicien).

 3 - Farman F-3X "Jabiru", sesquiplan quadrimoteur à aile épaisse, immatriculé F-ESAR. Lucien Coupet, Jules Landry  (pilotes), Marcel Lebourg (mécanicien).

 4 - Blériot 115, biplan quadrimoteur, immatriculé F-ESBB. Maurice Bizot, Raymond Villechanoux (pilotes), Viguier (mécanicien).

 5 - Bréguet XXII, biplan quadrimoteur, immatriculé F-ESBI. Thierry, Henri Lemaitre  (pilotes), Evrard, Tinland (mécaniciens).


            Le 17 septembre, le F-4S réussit au premier essai ses épreuves éliminatoires. Le Blériot 115 et le Jabiru les effectuent sans succès.


            Le 18, le mauvais temps contraint les commissaires à repousser les épreuves au lendemain. Le 19, le Blériot 115 et le Jabiru concluent leurs épreuves avec succés et sont qualifiés.

            Alors que le Bréguet se prépare à atterrir sur 3 moteurs seulement, Thierry ne pouvant remettre le moteur arrière droit en route après le changement de bougie. Le moteur avant droit faiblissant à l'atterrissage, l'appareil glisse sur l'aile droite et brise son train d'atterrissage ; l'incendie des 1400 litres d'essence des réservoirs détruit entièrement l'appareil, dont l'équipage est sorti sans difficulté.

            Dans la suite de l'épreuve, le Potez est disqualifié, son épreuve de maniabilité s'étant déroulée à trop haute altitude pour être suivie par les commissaires.


            Le 20, puis le 21, le mauvais temps oblige à remettre la course de classement définitif que les commissaires décident alors de fractionner en trois parties :

            - une course de 866,46 km : Le Bourget - Saint Inglevert - Le Bourget ;

            - une course de 1085,480 km : Le Bourget - Metz - Le Bourget - Metz - Le Bourget ;

            - une autre course de de 1085,480 km sur le même circuit : Le Bourget - Metz - Le Bourget - Metz - Le Bourget.


            Le 22 septembre, les appareils effectuent sans incident notable le premier circuit. A l'arrivée, il est déjà visible que la formule de classement (P V/C), qui intègre la consommation C (essence+huile), la vitesse commerciale V et la charge commerciale transportée P, tend à se montrer favorable au Farman Jabiru.

            Pour la course du 23, le F-4S de Bossoutrot, parti le dernier, prend la tête, suivi par Coupet. Le Blériot finit sur trois moteurs, l'un des moteurs restants donnant des signes de faiblesse. Les temps étant pris après remise en état des appareils, le Blériot est ainsi handicapé de 3 heures par l'obligation de changer un moteur.

            Le 24, la dernière course se déroule par un temps peu favorable. A l'issue du premier circuit Le Bourget - Metz - Le Bourget, le Blériot perd une nouvelle fois du temps pour réparer deux moteurs avant de reprendre son dernier circuit.


            Au classement général de l'épreuve, le Farman Jabiru est en tête, le F-4S finissant second : Farman reçoit de ce fait 500.000 + 200.000 F de primes.

            Le sort ultérieur de l'appareil nous est inconnu.

  

            Issu d'une notice Farman sur les Goliath, le F-4S F-ESAQ en construction aux ateliers de Billancourt (Coll. Michel Barrière)

F.130 T

F.60    O-BAGA

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