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F.60 n°39 > F.63 bis, n/c 6833

F-ADAY


            Ce Goliath est inscrit dans le registre comme F.60 n°39, de numéro constructeur 6833. Il est enregistré le 26 juin 1921 avec le CdI 623 sous l'immatriculation F-ADAY.


            Le numéro constructeur 6833 du F-ADAY correspond en fait à une sortie de production au début de 1920. Cette anomalie nous fait supposer que cet appareil serait en fait une reconstruction du prototype F.60 F-MHFA conçu pour évaluer la perspective d'une cabine à 14 passagers, optimisme qui ne correspondait guère au taux de remplissage moyen constaté ensuite sur les liaisons habituelles de l'époque. Après sa modification en trimoteur pour le Concours des Avions de transport de mai 1921, cet appareil qui avait peu volé n'avait plus d'utilisation pratique dans sa version d'origine.


1921 - 1922 : Compagnie des Messsageries Aériennes


            A ses débuts, la Compagnie des Messageries Aériennes utilise essentiellement des Bréguet et des Spad, laissant les gros porteurs à Farman et aux Grands Express Aériens. Cependant, elle ne peut résister à l'évolution des flottes. En 1921, elle acquiert deux Goliath, le n°33 F-ADCA et le F-ADAY. Ces appareils seront peints dans la discrète livrée "café au lait" des Messageries Aériennes.


            Le F-ADAY semble avoir effectué un vol d'essai Paris-Londres fin juin 1921, sitôt enregistré à la Compagnie des Messageries Aériennes. Il ne vole cependant pas sur la ligne dans les mois qui suivent et est utilisé pour des essais. L'un de ces deux Goliath est notamment équipé du stabilisateur Aveline avec lequel il fait des essais et des démonstrations sur les lignes Paris-Amsterdam d'abord, puis Paris-Londres en février 1922.


            Le F-ADAY n'entre en service qu' à partir du printemps 1922, en même temps que le F.60 n°33 F-ADCA. Il vole régulièrement aux mains des pilotes de la CMA comme Charpentier, Le Sec, Le Men, Chailloux..., en complément des vols des Bréguet et Spad de la Compagnie qui a par ailleurs obtenu le quasi-monopole du transport du courrier.

            La fréquentation moyenne des passagers est cependant dans cette période très faible. Face au regroupement de leurs concurents britanniques, la CMA entre en discussion avec les Grands Express Aériens en vue de leur fusion qui interviendra en janvier 1923 dans Air Union.


            Le 12 juillet 1922, le F-ADAY passe une visite à 190 heures de vol, ayant alors effectué 19.500 km.

  

Les porteurs de la CMA chargent les bagages dans le F-ADAY en 1922. Au-dessus de la porte, la plaque métallique d'identification règlementaire. [www.gallica.bnf.fr]

1923 - 1931 : Air Union


            Passé à Air-Union, le F-ADAY est baptisé Alsace.

            Le 13 mai 1923, il participe au meeting d'Orléans, mais ne peut assurer les baptêmes de l'air par suite d'un mauvais atterrissage.


            Le 24 mai 1926, le F-ADAY effectue une liaison Londres-Paris avec deux passagers. Vers 17h00, alors qu'il commence à survoler la Manche, un problème moteur oblige le pilote à rebrousser chemin. Alors qu'il se prépare à atterrir, l'avion pique du nez et s'écrase près de Littlestone (Kent). L'un des voyageurs est sérieusement blessé, l'autre s'en tire avec quelques contusions; pilote et mécanicien sont indemnes. L'appareil sera reconstruit.

            En octobre 1927, il est converti en F.63 bis. Il passe une visite au Bourget en août 1929, à 2488 heures de vol. Il est alors équipé de 2 Salmson CM-9, et possède les renforcements type Air-Union.


            

Le F-ADAY "Alsace" dans sa livrée d'Air Union devant l'aérogare de Croydon.

[Coll. Michel Barriere]


            Au début du mois de juillet 1930, Air Union en coopération avec Balair et Lufthansa ouvre plusieurs lignes de courrier entre Cherbourg-Querqueville, Le Havre-Bléville, Bâle et Cologne en correspondance avec le départ et l'arrivée des grands transatlantiques.


            Dans le sens Bâle-Cherbourg, la ligne est inaugurée le 5 juillet par le Fokker CH-161 de la Balair piloté par Zimmermann, mais ce succès est suivi de difficultés dues au maintien du statut militaire de la base de Querqueville. Le 12 juillet, à son arrivée, Zimmermann se voit dresser procès-verbal et son Fokker est saisi par les autorités françaises.


            Le 16 juillet 1930, malgré une météo défavorable, le terrain de Cherbourg Querqueville voit s'effectuer trois liaisons postales aéronavales : Cherbourg - Bâle pour le courrier arrivant par l'Olympic de la White Star Line, Bâle-Cherbourg et Cologne-Cherbourg pour le courrier partant par l'Europa pour New-York.

            La liaison Cologne-Cherbourg est inaugurée avec l'arrivée à 14h28 du Fokker D-1885 de la Lufthansa, parti de Cologne à 10 h 05 avec 17 sacs postaux soit 328 kilos contenant un courrier rapide parvenu de Berlin le matin, le tout destiné à l'Europa en partance pour New-York. La liaison Bâle-Cherbourg est réalisée par le CH-161 parti de Bâle à 7 h 48 avec 26 sacs postaux, soit 501 kilos, qui arrive à Querqueville à 14h 11 après avoir été sérieusement gêné par le mauvais temps.


            La liaison Cherbourg-Bâle est assurée par le Goliath F-ADAY d'Air Union qui charge 34 sacs de poste, pesant 438 kilos, débarqués de l'Olympic en provenance de New-York. Parti le matin de Querqueville, il arrive à Bâle à 14 h 26.

            Le 18 juillet à 4h30, un avion d'Air Union avec à son bord M. Loubry, représentant de la compagnie à Cherbourg, décolle pour Le Havre où il prend en charge le courrier arrivé dans la nuit par l'Ile de France avant de rejoindre Bâle. Il est probable qu'il s'agisse encore du F-ADAY qui aurait terminé sa carrière sur cette ligne postale.


            Le F.60 F-ADAY n'apparait plus au registre F en octobre 1931.

F60 n°38

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