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F.60 n°38 > F.63 > F.60, n/c 6935

F-ADDT


                Le Goliath F.60 de numéro constructeur c/n 6935 reçoit le 28 septembre 1921 le CdI 694 avec l'immatriculation F-ADDT. Il est enregistré à la Compagnie des Grands Express Aériens, basé au Bourget et reçoit au début de 1922 le nom de baptême "Londres".

  

Le F-ADDT devant le grand hangar de Croydon en 1922. Son nom de baptême "Londres", peu lisible sur la photo, figure sous l'immatriculation. [Coll Michel Barrière]


1921 -1922 : Grands Express Aériens


            Dès sa prise en compte par les Grands Express Aériens, le F-ADDT est mis en service sur Paris-Londres, se distinguant fin novembre en effectuant la liaison Le Bourget - Croydon en 1h57.


            Il a un jour la particularité d'effectuer une liaison avec un fret particulier : en l'occurence des porcs - à pedigree néanmoins - embarqués à Croydon pour Le Bourget d'où ils repartent vers leur destination : Strasbourg.


1923 - 1932 : Air Union


                Après la fusion des GEA et CMA, le F-ADDT est pris en charge par Air-Union qui le baptise Languedoc.

            Sa mutation est enregistrée en février 1924 et il prend la livrée de sa nouvelle compagnie.       

 

            6 août 1924 : au soir de ce jour, le F-ADDT, piloté par Delisle accompagné de son mécanicien, effectue une liaison du Bourget à Croydon avec 5 passagers. Alors qu'il vient de survoler Tonbridge (Kent), une panne du moteur gauche l'oblige à un un atterrissage forcé à Golden Green. Delisle se pose dans une prairie, mais ne peut éviter qu'en fin de course le Goliath vienne s'échouer sur la grande route. Seul un passager est légèrement blessé. Un film d'actualité  montre l'appareil écrasé dans des haies au travers de la route. Son démontage sera nécessaire pour le sortir de cette situation.


            Il reprend son service après réparation. Dès le 30 octobre, de nouveau en service, il emporte vers Londres des robes de Jeanne Lanvin et Jean Patou, des chapeaux de Jane Noël, un colis de chaussures Clouet destiné à Rudolph Valentino, un collier de perles, 8 caisses de parfum ... (L'Illustration)


            En octobre 1927, le F-ADDT est converti en F.63.

Ci-dessus, Bajac, Agnus et Thoret devant le F-ADDT Languedoc sur le terrain boueux de Passy-Mont Blanc le 12 janvier 1928. [Coll. Michel Barrière]


A droite, le Languedoc en vol au-dessus des Alpes vu de la berline spad de Thoret [Source : L'Illustration]


            Le 10 janvier 1928, à 11h20, Bajac et Thoret, accompagnés du mécanicien Agnus, quittent Le Bourget à bord du Languedoc. A 14h33, l'appareil fait escale à Lyon Bron, repartant à 15h5 pour Genève - Cointrin où il se pose à 17h00. Le but de la mission qui doit durer une quinzaine de jours est d'effectuer des essais de liaison entre les terrains de Cointrin et de Passy-Mont Blanc, et d'ouvrir ainsi une liaison Genève-Chamonix prolongeant la ligne Paris-Lyon-Genève.

            Le 12 janvier, parti de Cointrin à 11h15 (12h15 heure française), le Languedoc piloté par Bajac se pose sur le terrain boueux de Passy-Mont Blanc vers 14h15, inaugurant de fait le nouveau terrain. Après un rapide déjeuner, Bajac et Thoret se réunissent avec les autorités locales, notamment M.  Vallet, maire de Passy et administrateur de l'aéroport; M. Conseil, maire de St Gervais les Bains; etc. A 16h30, Bajac et Agnus repartent pour Genève où il se posent en fin d'après midi, Thoret restant à Chamonix pour diriger les travaux d'amélioration du terrain.


            Un second voyage, prévu vers le 15, est retardé par les chutes de neige. Le mercredi 18, profitant du beau temps, Bajac effectue deux voyages dans la journée. Le matin, à 9h50 (heure suisse), il embarque ses passagers : M. Chells, opérateur de cinéma, M. Michaud, photographe, M. et Mme Drigny de l'Intransigeant, M. Boucher du Journal, Mme Agnel, épouse d'un médecin de Chambéry,  M. Geneux de Genève, M. et Mme Pierre Blanchet des Ailes. Le Goliath est accompagné d'une berline Spad pilotée par Thoret et, pendant un moment pour les besoins du film, par un appareil de chasse suisse piloté par Weber. Bajac offre à ses passagers un long passage sur les Alpes pour faire une moisson de films et photographies, plafonnant à 4000 m alors que Thoret, avec sa berline plafonnant en principe à 3000m, parvient néanmoins à 3500m en utilisant les courants ascendants. Vers 11h00, les deux appareils se retrouvent sur l'aérodrome de Cointrin.

            L'après-midi, partant à 12h50, Bajac effectue un vol d'une heure sur la vallée de l'Arve tandis que Thoret, emmenant cette fois dans sa berline l'opérateur de cinéma, effectue un vol de 3h30 sur les Alpes.

            Le 7 février, ayant terminé leur campagne, Bajac, Thoret et Agnus ramènent le F-ADDT au Bourget.

            En mai 1928, Louis le Solliec est affaecté comme mécanicien au F-ADDT. Equipé de Gnome-Rhône Jupiter de 420 ch, cet appareil vibre énormément. En juin 1928, il est arrêté avant sa révision générale à 800 heures de vol au lieu des 1000 heures de référence, pour être rééquipé en F.60 (2 Salmson CM-9). Les vibrations continuant malgré le renforcement du plan fixe, le F-ADDT est utilisé intensivement sur Le Bourget - Croydon pour les 200 heures restantes, ne prenant pas de passagers, uniquement fret et journaux. Il terminera malgré tout normalement cette période (Icare 104).


            Lors de sa visite au Bourget en septembre 1929, le F-ADDT Languedoc est donné pour 9 passagers. Il est doté des ferrures renforcées type Air Union aux longerons supérieurs des mâts extrêmes, et son poste de pilotage est avancé de 0,90m.


            23 avril 1931 : le Languedoc est accidenté à Widehurst Farm immédiatement après son décollage de Marden. Ce jour là, il ne transporte que du courrier.


            Le F-ADDT est réformé le 7 décembre 1932

  

Publicité Thomson-Houston montrant le F-ADDT Languedoc dans sa dernière livrée, chamois à bande rouge. [Coll. Michel Barrière]

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