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F60
Présentation
Présentation

F.60 n° 37, n/c 6933

F-ADDS


1921 - 1922 : Grands Express Aériens


            Le Goliath F.60, c/n 6933, reçoit le CdI 693 en septembre 1921, avec l'immatriculation F-ADDS. Son numéro de série inconnu est probablement 36, 37 ou 38. Enregistré à la Compagnie des Grands Express Aériens, il est basé au Bourget et baptisé "Verdun”.


                Les 27 et 28 octobre 1921, il inaugure la ligne Paris-Lausanne pour les Grands Express Aériens. Pour ce vol, il est piloté par Labouchère. Le 27 au Bourget, après un court vol d'essai, Labouchère embarque ses passagers : le lieutenant de vaisseau P. Husson. chef de cabinet de Laurent-Eynac, Sous-Secrétaire d'Etat de l'Aéronautique; le colonel Saconney, directeur de l'Aviation Civile; le lieutenant de vaisseau Destrem, attaché au Service de la Navigation aérienne; F. Villiers, directeur des Grands Express, M. Pélabon, constructeur aux Mureaux qui prépare une adaptation du Vickers Vimy pour remplacer les Goliath des Grands Express Aériens. La presse est représentée par Mme Louise Faure-Favier de L'Eclair et M. Maurice de Waleffe du Journal. M. Hericher, ingénieur de la Compagnie d'Aérotélégraphie, chargé du poste de TSF, et deux mécaniciens, Simonnet et X, complètent l'équipage.


                Le voyage aller n'est pas un succés : une avarie de radiateur force d'abord le Goliath à se poser à Romilly. Reparti après réparation, c'est le brouillard qui lui impose l'atterrissage à Dijon pour la nuit.

Reparti le lendemain à 11h00, il se pose à 12h15 à Lausanne sur le terrain de la Blécherette. L'appareil à son arrivée est complaisamment décrit par le journaliste de La Gazette de Lausanne : " L'avion est tout neuf. Sa silhouette que les revues sportives ont fait connaître est d'une élégance bien française. la cabine est peinte en bleu clair, ainsi que le train d'atterrissage. Les ailes passées à une émaillite luisante sont blanc crème. Les trois couleurs brillent au gouvernail."

Le F-ADDS devant le grand hangar de Croydon montre sur son flanc gauche le nom de baptême qui lui a été donné aux Grands Express Aériens: "VERDUN"

[Coll Michel Barriere]


                A sa descente d'avion, la délégation française est reçue par le major Isler, chef de l'Office aérien fédéral, les conseillers municipaux de Lausanne MM. Boiceau et Rosset, M. Pethoud, directeur de l'École Aéro et agent général des GEA à Lausanne, ainsi que M. Barbey, président de la Section romande de l'Aéro-Club suisse.

                Le dimanche 31, la matinée est consacrée à une révision, Labouchère effectuant à 12h30 un vol d'essai au dessus de Lausanne. L'après-midi, à partir de 15h30, , le Goliath  effectue trois vols de démonstration d'environ une demie heure chacun.

                Le retour au Bourget a lieu le 1° novembre. Le Goliath, transportant en supplément trois voyageuses suisses : Mlles Madeleine de Cérenville, Hélène Brandebourg et Mme de Meuron de Cerjat, effectue le voyage retour sans escale intempestive en 4h30 de vol.

 

                Le samedi 19 novembre a lieu le premier vol commercial de la ligne. Parti du Bourget à 11h58 (heure française), le même F-ADDS Verdun piloté par Labouchère se pose à 15h03 (16h03 heure suisse). Il ramène notamment M. Pethoud, et M. Paul-Louis Mercanton, délégué suise au Congrès de la navigation Aérienne. Le lundi 21 novembre, au retour, l'avion transporte M. Pethoud, M. Le Dentu, chef d'exploitation des Grands Express Aériens, Paul Maillefer, syndic de Lausanne, et un anglais habitant en Suisse, M. Tramlett.

                Après ce premier vol, la ligne est exploitée régulièrement, à raison d'un voyage aller et retour par semaine. Le départ du Bourget a lieu le samedi à 10h, le départ de la Blécherette le lundi à 10h. Entretemps, le F-ADDS continue évidemment son service sur la ligne Paris- Londres.


                Cette situation ne durera pas : le 1° janvier 1922, le F-ADDS piloté par Labouchère, parti de La Blecherette à 10h00 et transportant plusieurs journalistes, fait un vol de reconnaissance à Genève Cointrin où il se pose à 10h30. Après une inspection approfondie du terrain et un vol d'essai, les voyageurs sont reçus pour déjeuner au Buffet de la gare de Geneve, repartant à 16h05 pour Lausanne où ils se posent à 16h30. Il est alors question de prolonger jusqu'à Genève la ligne Paris - Lausanne.

                Ce voyage est la prémisse d'une nouvelle situation qui inquiète Lausanne qui a beucoup investi dans le développement du terrain de La Blècherette et prépare déjà son extension. Le 28 janvier, les GEA et la Commune de Lausanne signent une convention qui prévoit l'extension de la ligne vers Genève, mais dans son article 8, les GEA s'engageant à maintenir dans ce cas l'escale de Lausanne. C'est dans ce contexte que, le samedi 8 juillet 1922, le Goliath effectue une première liaison sur Genève. Son horaire est modifié en conséquence, le départ ayant désormais lieu à 9h00 de Paris.

                La disparition formelle des Grands Express Aériens qui fusionnent avec les Messageries Aériennes sonnent en 1923 le glas de la priorité accordée à Lausanne devant Genève. Air Union abandonne rapidement cette option, donnant la prééminence à Genève.

                

                Dans la nuit du 31 mai au 1° juin 1922, un bimoteur Handley Page effectue un vol de nuit sur Londres - Paris. Parti à 22h30 de Croydon, il se pose au Bourget à 2h00. Piloté par  le Flight Lieut. Roche, il a à son bord  comme navigateur le Flight Officer Traill assisté de deux opérateurs TSF et d'un mécanicien. Il transporte le major général Sir Sefton Brancker, Director of Civil Aviation; le colonel Blandy, Controller of Communications et  le capitaine Biddlecombe de son service. Le vol est effectué sans difficulté en suivant les phares de Tatsfield Hill, Surrey, Cranbrook, Kent, Lympne, Douvres, Cap Gris-Nez, St. Inglevert, Berck, Beauvais, Abbeville et Le Bourget.


                Les 7 et 8 juin 1922, c'est au tour des Français : le F-ADDS effectue le premier vol de nuit sur Paris- Londres. Suggéré par René Labouchère, ce projet a été soutenu par M. Villiers et la Ministre Laurent-Eynac qui a lui-même fixé la date du vol trois semaines avant. L'avion n'a pas alors d'équipement très particulier. Evidemment, le Goliath est ce soir-là piloté par Labouchère, secondé par Armand Gastou et le mécanicien Camille Crampel. Outre cet équipage, le Goliath ne transporte aucun fret, mais 7 passagers : Le lieutenant de vaisseau Albert Duval et M. Hagueneau du SNAe (Service de la Navigation Aérienne), le capitaine Volmerange du STAe, MM. Villiers, Pature et Pierre Lecerf des Grands Express Aériens, et, pour représenter la presse, Mme Louise Faure-Favier. Parti du Bourget à 22h20 malgré un gros orage, le Goliath atterrit à Croydon à 1h10 du matin après un vol dans un temps orageux jusqu'à Boulogne puis par beau temps jusqu'à Croydon. A 2h50, il redécolle pour Le Bourget où il se pose à 6h10 malgré une forte brume sur la France.


                Le samedi 9 août 1922, piloté par Labouchère, il atterrit vers 11h00 à Chatillon sur Seine, du fait d'une panne moteur survenue vers Les Riceys. Le voyage s'arrête là, le vilebrequin étant gravement endommagé. Les cinq passagers, dont une jeune fille, rejoignent Dijon en automobile pour y prendre le rapide Paris-Lausanne. Un moteur de rechange étant arrivé le lendemain 10 août au matin permet à l’avion de reprendre son vol ce même jour à midi.


                Le 10 septembre 1922, le Verdun participe à la deuxième journée des fêtes de Pontarlier, présidées par Laurent-Eynac et le Maréchal Joffre.

  


1923 - 1929 : Air Union


                Le F-ADDS rejoint Air Union dès la création de la nouvelle compagnie (il porterait d'ailleurs le numéro 1 dans la flotte d'Air Union). Son transfert n'est formellement enregistré dans le registre F qu'en février 1924.  Il est basé au Bourget et baptisé “Auvergne”.


                Son activité dans la compagnie sera marquée par plusieurs incidents. Le 19 décembre 1923, il se pose en campagne près de Paris-Plage. Le 20 juillet 1924, il se pose de nouveau en campagne près de Rang du Fliers, à 34 km au sud de Boulogne.


                En septembre 1929, il est converti en F.63 bis (2 GR Jupiter 9 Aa). Il passe une visite au Bourget en novembre 1929. Il a déjà reçu à cette époque une modification note comme "renforcements type Air Union", qui consiste dans la mise en place de ferrures renforcées aux longerons supérieurs des mâts extrêmes.


                Probablement réformé, il disparait vers 1930 du registre F.

Carte postale montrant le F-ADDS "Auvergne" en service à Air Union.

[Coll. Michel Barrière]

F60 n°36

F60 n°38

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