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F60
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F.60 n°33 > F.63bis, n/c 68..

F-ADCA

                Le Goliath F.60 n°33, de numéro constructeur inconnu reçoit le CdI 650 en août 1921 avec l'immatriculation F-ADCA. Enregistré à la Compagnie des Messageries Aériennes et basé au Bourget, il est prévu pour un équipage d'un pilote et un mécanicien, et équipé pour 12 passagers.

  

  • 1922


                6 février 1922 : le F-ADCA, baptisé "Lorraine" et piloté par Challoux, est le premier Goliath des Messageries Aériennes à se poser à Croydon. Il porte alors une livrée chamois ("buff"), préfigurant la livrée brune qui sera ultérieurement celle d'Air Union. Il est alors équipé d'un stabilisateur Aveline avec lequel Challoux effectue une série d'essais dans la journée du 8.

            Le journaliste de "The Aeroplane" est pour le moins dubitatif sur l'utilité de l'équipement qui pèse environ 3 fois le poids d'un passager moyen et "ne peut aider que des pilotes somnolents".

            Le F-ADCA repart pour Paris le 9. Il revient à Londres le 21 février piloté par Le Men et ne repart que le 27.


            16 mars 1922 : Laurent-Eynac effectue un voyage Paris-Londres à bord du F-ADCA piloté par Gastoux en vue de rencontrer Sir F.H. Sykes.

                

La tonalité sombre de la livrée chamois du F-ADCA est bien visible sur cette carte postale, mais les marquages noirs restent visibles sur la dérive et le gouvernail.

[Coll. Michel Barrière]

Le F-ADCA porte maintenant la livrée d'Air Union dont l'insigne est présent sur le nez de l'appareil. [Coll. Michel Barrière]

Fragment d'une carte postale de l'Aerodrome Hotel de Croydon : on y voit le F-ADCA "en situation" devant la gare aérienne. [Coll. Michel Barrière]


            1° juin 1923 : le F-ADCA effectue une liaison Le Bourget-Croydon. Piloté par Grasset, il transporte ce jour-là 8 passagers et 250 kg de fret et de courrier. Vers 15h00, après avoir survolé la ville de Boulogne prise dans le brouillard, son moteur droit cesse de fonctionner alors qu'il survole la Manche. Faisant demi-tour, Grasset parvient à la maintenir en vol sur les 6 milles qui le sépare de la côte française, avant de se poser brutalement dans les clôtures d'un pré à proximité de Wimille, brisant son train et ses ailerons. Un passager anglais qui, contrairement aux instructions du pilote, n'a pas jugé utile de se porter à l'arrière de la cabine, est éjecté de l'appareil et blessé.

            Réparé, le F-ADCA reprendra son service sur la ligne Paris- Londres.


            22-23 février 1924 : le 22, le F-ADCA piloté par l'équipage Costes et Bellonte, décolle du Bourget pour Croydon avec un seul poassager, une journaliste, et 1100 kg de fret. Le temps est couvert, froid et un fort vend du nord-ouest s'oppose à la marche de l'avion qui ne survole Beauvais q'une heure après son départ. Trois heures après avoir quitté Le Bourget - l'heure "garantie" d'arrivée à Croydon étant passée - il n'est qu'à Boulogne et, la nuit tombant, Costes préfère ne pas se risquer sur la manche et se pose à Abbeville, confiant leur passagère à la femme du gardien du terrain pendant qu'ils préparent l'appareil.

            Le lendemain matin, après avoir chauffé les moteurs, ils décollent pour Lympne en vue de refaire les pleins; le moteur tournant mal, Bellonte intervient, avec un succés limité, mais d'un commun accord, ils décident de repartir pour Croydon. Dix minutes plus tard, l'autre moteur s'arrête et Costes vise un grand terrain enneigé près d'Ashford; ce n'est qu'au dernier moment qu'il entrevoit dans la neige une clôture en rails de chemin de fer : l'avion finit sur le nez, les deux hélices brisées et les moteurs à changer. Tandis que leur passagère part vers Ashford, Costes et Bellonte coupent toute la partie avant du fuselage jusqu'au poste de pilotage et le ferment avec une plaque trouvée chez le charpentier d'Ashford.

            C'est dans cet état surprenant que le F-ADCA rejoint ensuite en vol ensuite Croydon.

  

Le F-ADCA accidenté au Bourget le 8 avril 1929. [DR]

            8 janvier 1926 : Pris dans une violente bourrasque lors d'un vol Croydon - Le Bourget, le "Lorraine" transportant une tonne de fret tente d'atterrir à Fay-Saint-Quentin, près de Beauvais, mais heurte une ligne à haute tension et la coupe, heureusement sans dommage pour l'équipage.


            8 avril 1929 : Le F-ADCA doit effectuer sa révision générale périodique des 1000 heures de vol. Son dernier vol avant révision s'effectue au Bourget pour les vols d'entrainement de deux nouveaux pilotes, Casanova et X accompagnés du mécanicien de l'appareil Louis Le Solliec. Casanova effectue sans problème le premier vol.

            Après plusieurs décollages et atterrisages, il laisse les commandes à son collègue. Ce dernier, après plusieurs atterrissages prend de l'altitude; il est à la verticale d'Aulnay sous Bois lorsque le moteur droit s'arrête. Il revient au Bourget et arrive sur le terrain à plus de 200 m d'altitude, l'avion planant bien à vide. Au lieu de se poser, il décide alors de faire un tour de piste et arrivant trop bas, accroche la ligne électrique et un arbre bordant la route de Dugny. Le Solliec et le pilote s'en tirent choqués, mais indemnes. L'appareil, trés endommagé, est bon pour sa révision ! Il a cumulé alors environ 2500 heures de vol.

  


            A l'occasion de cette révision, le F-ADCA est converti en F.63 bis, recevant des Gnome-Rhône Jupiter 9 Aa.

            Lors de sa visite au Bourget en novembre 1929, il est noté comme équipé en TSF (émission-réception). Il a alors 2772 heures de vol.


            2 mai 1930 :  Le F-ADCA piloté par Henri Roth accompagné comme à l'habitude par un mécanicien, transportant 550 kg de fret et de courrier pour une liaison Le Bourget - Croydon. Ayant rencontré des difficultés, notamment du fait d'un brouillard important, l'appareil se trouve vers 9h30 à court de carburant. Après avoir survolé Tonbridge à basse altitude, Roth décide de se poser sur le terrain de secours de Penshurst. L'appareil parcourt toute la longueur du terrain, traverse la haie et finit sur le nez de l'autre côté de la route qui borde le terrain. L'avant de la cabine est détruit, le train d'atterrissage et une aile sont endommagés. L'appareil aurait subi 20% de dommage.


            Des représentants d'Air Union viennent inspecter le site dans la matinée, et l'après-midi, avec l'aide de personnel local, l'appareil est dégagé et ramené sur le terrain, où il est abrité.


            Il ne tarde pas à disparaître du registre F.

  

F.60 n°32

F.60 n°34

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