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F60
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F.60 n°24, n/c 68..

F-GEAI

1921

                Le F. 60 n°24, de numéro constructeur inconnu, reçoit son CdI en juin 1921. Il est enregistré à la Compagnie des Grands Express Aériens et basé au Bourget. Le F-GEAI est aussitôt mis en service par la Compagnie des Grands Express Aériens. Il assure sa première liaison Paris- Londres le 8 juin, piloté par Labouchère.


                Le 24 juin, une délégation du Sénat se rend à Londres, conduite par M. d'Estournelles de Constant, Président du Groupe de l'aviation. Pour la plupart des sénateurs, ce sera le baptême de l'air. M. Laurent-Eynac, secrétaire d'Etat à l'Aviation, et le Colonel Saconney sont venus assister à leur départ.

                Huit d'entre eux - MM. d'Estournelles de Constant, Brard, Auber, Beaumont, Ermant, Garnier, Honnorat et de Margerie, accompagnés du secrétaire du groupe sénatorial, M. Dautour - prennent place dans le F-GEAI, piloté par Labouchère.

                Les 3 autres - MM. Humblot, Labrousse et Morand - s'installent dans un Bréguet des Messageries Aériennes, piloté par Delénée.


                Partis à 10h20 du Bourget, les deux appareils se posent à Croydon, le Bréguet à 12h55, le Goliath à 13h19. Les sénateurs y sont attendus par une délégation britannique dirigée par le Capt. Guest, représentant le Ministre de l'Air et un parlementaire, M. Joynson-Hicks.

                Après un déjeuner sur place, à la "Trust House", ils visitent l'aérodrome de Croydon avant de rejoindre Londres pour des réunions portant notamment sur l'installation de mâts pour les dirigeables.


                Le lendemain, Labouchère ramène à Paris neuf sénateurs, les autres poursuivant leur voyage par le train. Une panne moteur l'oblige à se poser à Amiens. Le Goliath de secours envoyé de Paris repart d'Amiens à 21h00,  mais la nuit l'oblige à se poser à Esquennoy (Oise). Reparti le 26 à 8h00, il dépose les sénateurs au Bourget à 9h30.


1922 - 1923


                Le 11 mars 1922, alors qu'il pilote le F-GEAI de Paris à Croydon avec 3 passagers en cabine, Chalambel, constatant que la brume s'épaissit, décide de se poser à Farnborough Hill, Kent. Le train d'atterrissage et le fuselage de l'avion sont sérieusement endommagés, mais aucun des occupants n'est blessé. L'appareil sera réparé.

La délégation sénatoriale avant son départ du Bourget. Son président, d'Estournelles de Constant, se tient dans la porte du Goliath. A sa gauche, à moitié masqué par le chapeau d'un sénateur, Laurent-Eynac; à l'extrême gauche de la photo, près des valises, le pilote René Labouchère. [www.gallica.bnf.fr] 

1924 - 1925


                En février 1924, le F-GEAI est pris en compte par Air Union ; il est alors baptisé Vendée. En avril, ses moteurs d'origine sont remplacés par les nouvaux Salmson CM9.


                Les Goliath bénéficient alors du trafic de marchandises exportées par la France, principalement des produits de luxe bien adaptés au transport par avion. L'Illustration cite par exemple le 16 octobre 1924, jour où le F-GEAI embarque "96 colis, dont 59 de modes, couture et vetements, contenant 11 robes, 7 pires de chausssures, 6 chapeaux, 2 fourrures, 8 envois de lingerie, 2 combinaisons, un déshabillé, des sacs de dames, des bas de soie et des dentelles; 14 colis de produits alimentaires : primeurs, fruits, foie gras, caviar; 10 colis de petite mécanique, dont 6 de pièces d'automobiles, ainsi que des appareils de photographie, des livres, un abat-jour, un appareil de TSF, un paquet d'affiches, etc."

Agnus et Codos devant le F-GEAI en préparation pour le rallye de Clermont-Ferrand.

1926 - 1928


                Les 25 et 26 septembre Le F-GEAI participe au Rallye de Clermont-Ferrand avec pour équipage Paul Codos et le mécanicien Louis Agnus.


                Il s'agit de couvrir en 6 heures la plus grande distance avec le plus de passagers possible pour une puissance minimale. Tous les passagers transportés doivent être assis. Pour améliorer le score, les Goliath d'Air Union pilotés par Codos et Bajac sont donc équipés de strapontins dans le couloir central, amenant leur charge à respectivement 21 passagers (F.60 de Codos) ou 22 (F.60 de Bajac). Parmi ses passagers, Codos transporte Henri Bardel, le dirigeant d'Air Union.


                Parti à 9h30, il se rend d'abord à Saint Inglevert, puis rejoint Le Bourget vers 13h00. Il prend ensuite le cap de Clermont-Ferrand, doublé près de Nevers par Bajac qui a sur le même trajet ajouté un détour par Beauvais mais dont le Goliath est équipé de moteurs plus puissants. Codos finit premier, Bajac second. pendant le meeting, les deux F.60 donnent des baptêmes de l'air à près de 400 passagers.


                Le 26 septembre, parti à 9h20 de Clermont-Ferrand avec 12 passagers, Codos se pose au Bourget à 12h20.


                Sa carrière semble se dérouler sans problème particulier en 1927 et 1928.


1929


                Le 6 avril 1929, le F-GEAI participe à la cérémonie organisée au Bourget par Air Union pour le 10° anniversaire de l'ouverture de la ligne Paris- Londres. A cette occasion, 18 appareils sont présentés au Ministre Laurent Eynac. Un peu à l'écart, le GEAI représente la famille d'appareils qui permit le succès des compagnies initiales, Grands Express Aériens et Messageries Aériennes, et qui poursuit toujours son service.

                Le GEAI ne survivra que peu à cet honneur.


                Le 19 mai, il effectue un vol postal du Bourget à Croydon, piloté par Camille Sautereau accompagné du mécanicien Georges Carot. Alors qu'il survole Tonbridge (Kent), le feu se déclare à bord. Ce n'est que 8 kilomètres plus loin que Sautereau trouve un terrain favorable à l'atterrissage et se pose en catastrophe à Key Land Standings près de la gare de Paddock Wood, terminant sa course à quelques mètres d'un poste d'aiguillage. Les deux hommes s'échappent aussitôt de l'appareil qui est complètement détruit.


                Le F-GEAI est radié du registre en août 1929.

F.60 n°23    F-ADDO

F.60 n°25    F-FARH

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