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F.60 n°21 > F.63bis n°2, n/c 6844

F-FHMY


                Le F.60 n°21, c/n 6844, reçoit le CdI 267 en juillet 1920. Il est enregistré à la Maison Farman et basé à Toussus-le-Noble. En avril 1921, il est enregistré à la Compagnie des Grands Express Aériens et basé au Bourget.


            Cie des Grands Express Aériens


1920

                Piloté par Labouchère, le F-FHMY, baptisé "Picardie", effectue son premier vol sur la ligne Le Bourget-Croydon le 4 avril 1920. Il rejoint ainsi les F-GEAB, F-GEAC, F-GEAD et F-FHMU, et sera en juin suivi par le F-GEAI, ce qui portera à 6 le nombre de Goliath utilisés sur cette ligne. Il assure régulièrement ce service jusqu'en octobre, réalisant en septembre un vol Croydon - LeBourget en 2h 10 mn.


            Le FHMY porte alors la livrée standard des Grands Express, bleu clair, toit blanc, ailes vernies.


1922

            En mars-avril 1922, passé l'hiver, il reprend son activité, mais à un rythme réduit. Les passagers sont alors peu nombreux et les voyages se font souvent à vide, ce qui conduit au rassemblement des compagnies britanniques autour de Handley Page à l'automne 1922. La fusion des Grands Express et des Messageries Aériennes s'ensuit le 31 décembre 1922, donnant naissance à Air Union.

Embarquement des passagers du FHMY en 1921. La dimension des lettres est règlementaire (largeur des traits = 1/5 de la hauteur des lettres).

Le FHMY dans sa livrée d'Air Union [Coll. Michel Barrière]


1924

                En février 1924, il est enregistré à Air Union, baptisé Anjou et basé au Bourget. Il est toujours utilisé sur la ligne Paris-Londres. Il porte alors la livrée standard d'Air Union.


1925


            14 novembre 1925 : le F-FHMY piloté par Pierre Delisle, avec comme mécanicien Roger Bellonte, effectue un transport de fret de Croydon au Bourget. Il emporte 50 colis. Parti à 12h05 de Croydon, la visibilité est mauvaise. Delisle laisse les commandes à Bellonte pour aller lire le journal, mais un des moteurs faiblit et s'arrête, alors que Delisle revient aux commandes et que le Goliath aborde la Manche. A 13h00, le FHMY se pose en mer à 12 km de Boulogne près de trois chalutiers non sans avoir lancé un message par TSF. Alertés, les remorqueurs - la Morinie de Boulogne et le Champion de Calais -  sont envoyés en mer, mais c'est le chalutier Restauration qui rejoint l'épave qui flotte et sur lequel attendent Delisle indemne et Bellonte contusionné. Le chalutier remorque l'épave du Goliath à Boulogne où elle est mise à quai. Bien que très endommagé, l'appareil est réparé et reprend le service.

  

1926


            1° juin 1926 : le Goliath F-FHMY décolle à 8h30 de Villacoublay piloté par Delage, avec à son bord le capitaine Guyon, délégué par Laurent-Eynac, M. Bauguitte, délégué par le ministre du travail, le docteur de Peryguetex et le Lieutenant Caillot pour se rendre au meeting de Saint-Galmier organisé par l'aéro-club d'Auvergne.

            Arrivé sur place, Delage prend en charge 5 passagers pour des baptêmes de l'air. Après un vol réussi, le Goliath se présente pour l'atterrissage mais suite à une panne moteur, plonge en avant. il n'y a pas d'accident de personnes, mais le Goliath finit en pylone.


            12 juillet 1926 : Bajac assisté du mécanicien Montaudin, pilote le FHMY transportant à Londres Messieurs Caillaux, Ministre des Finances, et Duboin, Sous-secrétaire d'Etat, pour la signature avec Winston Churchill de l'accord franco-anglais sur la dette. Parti à 10h30 du Bourget, il se pose à 12h50 à Croydon. Le vol de retour se fait le lendemain de 9h40 à 12h50.

Le FHMY accidenté au meeting de Saint-Galmier le 13 juin 1926

1928


            24 septembre 1928 : Louis le Solliec, alors mécanicien titulaire du FHMY, effectue un vol Le Bourget - Croydon avec un pilote débutant à Air Union. C'est la tempête d'équinoxe, la sensibilité du Goliath au vent rend le pilotage éreintant et le pilote à bout de force décide de se poser dans un champ à Lalandelle, à environ 20 km de Beauvais. Au poser, les roues bloquent dans le sol meuble et l'appareil passe sur le dos. Il sera démonté sur place et ramené au Bourget. Deux autres Goliath auraient été accidentés ce même jour, l'un à Beauvais (ce pourrait être peut-être celui de Denneulin accidenté le 24 septembre, ce qui préciserait la date), l'autre à Berck (Icare 104).


1929


            En novembre 1929, le FHMY est converti en F.63 bis n°2, avec des moteurs Jupiter 9Aa.


          10 Février 1930 : la  fin du FHMY


                Ce 10 février, le F-FHMY décolle à 10h05 du Bourget pour Croydon, piloté par Henri Névot accompagné du radio Albeaux et du mécanicien Le Solliec. Il transporte ce jour-là trois passagers britanniques : Hugh Curzon, chef de service à l'agence parisienne de Cook, et un jeune couple revenant de sa lune de miel à Paris, Mr. et Mme A. Hodge. Un peu après le décollage, l'avion doit faire demi-tour suite à un problème de moteur. Aucune anomalie n'est détectée. Les bougies sont changées par précaution et l'avion repart à 10h45.

Les restes du FHMY sur le terrain de Marden le 10 février 1930 [Le Matin]

            Alors qu'il vole au sud de Maidstone à 3000 ft d'altitude, un bruit de craquement se produit à l'arrière et la partie droite du stabilisateur se brise. Albeaux prévient Croydon. Alors que l'appareil perd rapidement de l'altitude, Le Soliec demande aux passagers de se rassembler à l'arrière de la cabine en vue d'un possible atterrissage d'urgence.


            A 12H50, l'avion se présente sur le terrain enneigé de Marden et, à une quinzaine de mètres du sol, le pilote coupe les moteurs. Malgré ses efforts, l'appareil effectue une brusque montée à une trentaine de mètres d'altitude avant de s'abattre brutalement. La queue se brise dans le choc et l'essence des réservoirs prend feu, enflammant l'épave. Sorti de l'avion par ses propres moyens, Curzon aide le pilote et les mécaniciens à sortir de l'épave avant de s'évanouir. Les corps des deux autres passagers, asphyxiés par la fumée, seront retrouvés carbonisés. Les survivants sont choqués et blessés, le passager à la tête, Névot à la figure et à la tête. Albeaux a le poignet brisé, Le Solliec la cheville.


            L'enquête attribue l'accident à la fatigue du hauban avant supérieur de l'empennage droit, dont la rupture provoque celle du longeron avant. Elle décharge de toute responsabilité la compagnie et l'équipage.

  

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