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F60
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F.60 n° 13, n/c ?


Le second Goliath de la Mission Aéronautique Française en Turquie


                Le 23 août, le Goliath n°13 vole de Paris à Bejania, près de Belgrade où il fait escale pour ravitailler avant de continuer vers Constantinople. Il n'est cependant pas formellement fait état de son arrivée à Contsantinople le lendemain. Selon les souvenirs de Guidon [Icare n°73], "deux Farman F.60 Goliath nous furent envoyés de Paris par la voie des airs. L'un d'eux arriva à bon port, malgré de nombreux incidents de route, l'autre resta en panne à Serbie, à Nisch". 


                Ce Goliath passe donc l'hiver à Nisch en attendant le changement de ses moteurs. Au printemps 1921, Louis Guidon est chargé de rapatrier vers Constantinople ce Goliath en pane en Serbie. Avant son départ, il se forme au pilotage du Goliath en effectuant quelques vols sur l'appareil présent à Constantinople. Lorsqu'il arrive à Nisch accompagné de deux mécaniciens - un troisième est déjà sur place - l'avion stocké sous la neige dans la cour d'une caserne est en mauvais état : la toile de l'empennage et des ailerons est pourrie, le contreplaqué avant manque en partie, des commandes sont cassées. Il faut quinze jours à l'équipe pour le remettre en état de vol en utilisant des draps de lit, des fils de fer et de la tôle.


                Le 26 février, Guidon quitte Nisch, décollant entre les bâtiments et les soldats à l'exercice. Il rejoint d'abord Sofia pour ravitailler avant de repartir pour Constantinople. Il y reçoit l'ordre de retarder son départ pour embarquer un passager bulgare que les services français veulent faire sortir du pays. L'embarquement par surprise de ce passager impromptu sur le terrain militaire bulgare se déroule sans encombre. Au moment du décollage, une fois les moteurs en route, une camionnette amène rapidement le passager qui monte dans l'avion. Guidon met les gaz mais, alors que le Goliath prend de la vitesse, ses deux pneus avant gauche crèvent, stoppant le décollage. Tous les occupants de l'avion, équipage et passager, sautent dans la camionnette qui quitte le terrain en forçant le portail, essuyant quelques coups de feu des soldats bulgares.


                Le lendemain, l'équipage en uniforme français répare l'avion sous la surveillance des militaires locaux et de la police. Compte tenu de la surveillance, l'embarquement du passager est désormais prévu en rase campagne et un rendez-vous est pris pour l'embarquer, en pleine montagne à 80 km de là.

                Le 14 mars, après avoir décollé de Sofia, le Goliath se pose sans incident et embarque son passager et le mécanicien resté pour l'accompagner. La catastrophe survient au décollage. Le dégel a commencé et le trrain présente des zones meubles. Au moment où Guidon s'apprête à tirer sur le manche, l'avion s'embourbe pique du nez et capote. Les passagers sont extraits des débris et emmenés en voiture. Guidon, éjecté, est blessé aux jambes; son mécanicien Gilson a le bras cassé; les deux autres mécaniciens ne sont que légèrement blessés.

                Pour leur éviter l'enquête ouverte par la police bulgare, une troupe de sénégalais enlève Guidon de l'hôpital pour le charger dans le Simplon-Orient-Express qui après quelques aventures parvient à passer la frontière. De Constantinople, Guidon, blessé, rejoint la France sur le navire hôpital Bien-Hoa. Après trois mois de convalescence, Guidon qui avait eu l'occasion de rencontrer Fleurieu qui préparait la création de la Franco-Roumaine, est engagé sans difficulté dans la nouvelle compagnie où il prend ses fonctions le 1°juin 1921. Le 3 octobre 1922 a lieu le premier voyage officiel vers Constantinople. Lorsqu'il retrouve le terrain, Guidon voit dans un coin du terrain l'épave d'un Goliath, probablement le n°10, détruit par une tempête avec son hangar. [Icare 73]


                Comme l'indiquent les registres, aucun Goliath n'aurait jamais été pris en compte et immatriculé par la Franco-Roumaine.

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