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F60
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F.60 n°12, n/c 68..

M.A.O. TURQUIE

1920

                

                Le F.60 n°12 est, après le n°10, le second Goliath acquis en 1920 par la Mission Aéronautique Française en Turquie


                Le Goliath n°10 a quitté Paris en juillet. Le 23 août, c'est le Goliath n°12 qui quitte Paris pour Bejania, près de Belgrade, où il fait escale pour ravitailler avant de continuer vers Constantinople. Il n'est cependant pas formellement fait état de son arrivée à Constantinople le lendemain. Selon les souvenirs de Guidon [Icare n°73], "deux Farman F.60 Goliath nous furent envoyés de Paris par la voie des airs. L'un d'eux arriva à bon port, malgré de nombreux incidents de route, l'autre resta en panne à Serbie, à Nisch". 


1921 - 1922


                Le Goliath n°12 passe donc l'hiver à Nisch en attendant le changement de ses moteurs. Au printemps, Louis Guidon est chargé de le rapatrier vers Constantinople. Avant son départ, il se forme au pilotage du Goliath en effectuant quelques vols sur l'appareil présent à Constantinople.


                Lorsqu'il arrive à Nisch accompagné de deux mécaniciens - un troisième est déjà sur place - l'avion stocké sous la neige dans la cour d'une caserne est en mauvais état. La toile de l'empennage et des ailerons est pourrie, le contreplaqué avant manque en partie, des commandes sont cassées. Il faut quinze jours à l'équipe pour le remettre en état de vol en utilisant des draps de lit, des fils de fer et de la tôle.


                Le 26 février, Guidon quitte Nisch pour Constantinople, décollant entre les bâtiments et les soldats à l'exercice.

                Il rejoint d'abord Sofia pour ravitailler. Il y reçoit l'ordre de retarder son départ pour embarquer un passager bulgare que les services français veulent faire sortir du pays. L'embarquement par surprise de ce passager impromptu sur le terrain militaire bulgare se déroule sans encombre : au décollage, une fois les moteurs en route, une camionnette amène rapidement le passager à l'avion. Guidon met les gaz mais, alors que le Goliath prend de la vitesse, ses deux pneus avant gauche crèvent, stoppant le décollage. Tous les occupants de l'avion, équipage et passager, sautent dans la camionnette qui quitte le terrain en forçant le portail, essuyant quelques coups de feu des soldats bulgares.


                Le lendemain, l'équipage en uniforme français répare l'avion sous la surveillance des militaires locaux et de la police. Compte tenu de la surveillance, l'embarquement du passager est désormais prévu en rase campagne et un rendez-vous est pris pour l'embarquer, dans la montagne à 80 km de là.


                Le 14 mars, après avoir décollé de Sofia, le Goliath se pose sans incident pour embarquer son passager et le mécanicien resté pour l'accompagner. La catastrophe survient au décollage. Le dégel a commencé et le terrain présente des zones meubles. Au moment où Guidon s'apprête à tirer sur le manche, l'avion s'embourbe, pique du nez et capote. Les passagers sont extraits des débris et emmenés en voiture. Guidon, éjecté, est blessé aux jambes; son mécanicien Gilson a le bras cassé; les deux autres mécaniciens ne sont que légèrement blessés.


                Pour éviter l'enquête ouverte par la police bulgare, une troupe de sénégalais enlève Guidon de l'hôpital et l'embarque dans le Simplon-Orient-Express. Après quelques aventures, Guidon parviendra finalement à passer la frontière puis, de Constantinople, rejoindra la France sur le navire hôpital Bien-Hoa.

                Après trois mois de convalescence, Guidon qui avait rencontré Fleurieu préparant la création de la Franco-Roumaine, est engagé sans difficulté dans la nouvelle compagnie. Il y prend ses fonctions le 1° juin 1921.


                Le 3 octobre 1922 a lieu le premier voyage officiel vers Constantinople. Lorsqu'il retrouve le terrain, Guidon voit dans un coin du terrain l'épave d'un Goliath, probablement le n°10, détruit par une tempête avec son hangar. [Icare 73]

                Comme l'indiquent les registres, aucun Goliath n'aurait jamais été pris en compte et immatriculé par la Franco-Roumaine.

F.60 n°11    F-YHMF

F.60 n°13    F-MHFA

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