crezan
F190
Présentation
Présentation

F.200 n° 3, n/c 7143, AIR 2-1407

F-AJFD

¤ 1929 - 1930


                Enregistré au nom de la société Farman, le F.200 n°3 est exposé au Salon aéronautique de Londres (Olympia Aero Show) à la fin du mois de juillet 1929. Contrairement à ses prédécesseurs, l'appareil est enregistré comme biplace.


                En août, l'appareil est livré à René-Lucien Lévy, directeur général de la Société Française du Matériel d'Aviation (S.F.M.A.), société animée par Georges Messier. Le 11 août, il effectue un petit voyage à Evreux. L'avion, basé à Toussus-le-Noble, n'est enregistré au nom de la S.F.M.A. qu'en novembre. Il est enregistré sous l'immatriculation F-AJFD avec le CdI 2237, le 27 août 1929.

 

                En juin 1930, le F.200 n°3 est acquis en juin 1930 par Gaston Brabant, directeur du journal "L'Avion". Il sert en fait de prête-nom à un jeune italien de 21 ans, juriste de profession, nommé Giovanni Bassanesi. Il est membre d'une organisation antifasciste avec le soutien de laquelle il a décidé d'organiser un largae de tracts sur l'Italie. Cependant, de nationalité italienne, Bassanesi ne peut, selon la règlementation d'alors, faire enregistrer l'avion à son nom en France, et ses opinions politiques lui interdisent de l'enregistrer en Italie.


                Le 5 juillet, Brabant et Bassanessi décollent de Toussus pour assister aux fêtes du Rallye d'Auvergne. Ils rejoignent ensuite Genève via Lyon-Bron. Le 9 juillet, Bassanessi et Brabant quittent Genève pour Bellinzone, dans le Tessin, où Bassanesi achète le F.200 à Brabant. Le 11 juillet, aux commandes du Farman,  Bassanesi se pose vers 10h00 Lodrino à quelques kilomètres de Bellinzone et se pose dans un champ appartenant à un sympathisant antifasciste soi-disant pour faire le plein d'essence. Il y est surtout attendu par une voiture qui apporte des tracts antifascistes qu'il charge dans l'avion avec l'aide d'un ouvrier agricole, Angelo Cardis. Il redécolle vers 10h45  pour Milan qu'il survole pour larguer ses tracts avant de revenir se poser vers 13h30 à Lodrino. Après avoir redécollé vers 17h00, peut-être pour Dübendorf, le Farman 200 F-AJFD pris dans le brouillard s'écrase vers 18h30 à proximité de l'hospice du Saint-Gothard. L'appareil est donné par la presse comme totalement détruit, ce que semblent cependant contredire les conclusions du procés. Le pilote est sérieusement blessé.

                Après avoir nié les faits, Bassanesi finit par reconnaître les faits en novembre lors du procés conjoint avec d'autres accusés dont Brabant qui seront tous acquittés. Bassanesi est condamné à 4 mois de prison - déjà effectués de fait - pour violation des règles de sécurité aérienne et, curieusement s'il est détruit, son avion est saisi.


                Suite à une lettre de Gaston Brabant du 6 septembre 1930, le F.200 F-AJFD est rayé des registres en novembre.

  

F200 n°2

F200 n°4

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