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F200
F200

F.200 n° 1, n/c 7116, AIR 2-1244

F-AIYO


¤ 1929


                Le F. 200 est un appareil dérivant directement du F.190. Comme lui, sa structure de bois était recouverte de contreplaqué de 3 mm pour le fuselage et de toile pour les ailes. Plusieurs versions en furent construites, biplace avec double commande en tandem pour l'écolage notamment, ou triplace en tandem pour le tourisme, le troisième siège étant en fait un strapontin. Il fut équipé de divers moteurs. Le F.200 de base, comme sa version renforcée le F.202, était équipé du Salmson 9 Ac de 120 cv.


                Le prototype du F.200 n°01 est présenté par Lucien Coupet au Service Technique à Villacoublay en mars 1929. Il s'agit d'un appareil triplace, doté d'un réservoir d'essence de 160 litres. En avril, il passe sans difficulté les épreuves du certificat de navigabilité. Il devient alors le premier appareil de série.

Plan 3 vues issu de la notice technique du Farman 200 [Coll. Michel Barrière]

¤ 1929 - 1931



            Au début 1929, un américain habitant Buc, L.B. Dick effectue sa formation au pilotage à l'Ecole Farman. Le 26 avril 1929, il acquiert et prend livraison du F.200 n°1. A partir de début mai, il s'entraine quotidiennement sur l'appareil .

                Cependant, sa nationalité américaine ne permet pas à Dick de pouvoir immatriculer à son nom le F.200 n°1 F-AIYO. Refusant la solution qui lui est offerte d'aller faire immatriculer son appareil ... aux Etats-Unis, il trouve un arrangement en faisant enregistrer l'appareil au nom de Farman. Cet enregistrement n'est cependant formalisé qu'en juillet avec le CdI 2184 du 30 juillet 1929.


                L'ambiguïté de cette situation administrative n'empêche pas Dick d'utiliser intensivement son appareil pour rendre visite à des amis, se posant dans des champs voisins. Dès le 9 juin, il rejoint le terrain de Bléville pour participer au "rally-transat" du Havre, rentrant sur Toussus le soir même. Début juillet, il se rend avec son Farman à Clermont-Ferrand pour assister au V° Rallye Aérien National organisé par l'Aéro-Club d'Auvergne. Ce même mois, confirmant son goût pour le grand tourisme aérien, il s'inscrit au cours de PSV de l'Ecole Farman.


                Dans cette période, l'appareil est peint dans la livrée d'usine initialement retenue pour les F.200 : fuselage et voilure peint en émaillite argent, choix considéré alors par Farman comme offrant la meilleure protection.

Le F.200 F-AIYO de R.B. Dick en 1929. Sur la photo de l'appareil en vol, la mention F200 apparaît sur la dérive ce qui n'est pas la cas sur les autres vues probablement en sortie de production. [Photos Michaud, Coll. Michel Barrière]

            

                En juillet, Dick est présent au Rallye d'Auvergne. Puis, dès le mois d'août, il effectue avec un ami une randonnée en Allemagne et en Belgique : en trois jours, ils visitent Bar-le-Duc, Nancy, Strasbourg, Karlsruhe, Mannheim, Heidelberg, Francfort, Cologne et Bruxelles. En septembre 1929, c'est un voyage en Côte d'Or avec le photographe aérien habituel de la maison Farman, Michaud.

                En fin de mois, le Farman affiche déjà 187 heures de vol, et fin octobre 207 heures.


                Son intense activité aérienne avec le F.200 lui vaut dans "Les Ailes" du 7 novembre une grande interview valorisant évidemment le petit triplace de Farman dans une série d'articles consécrée au développement du tourisme aérien.


                Les mois d'hiver ne ralentissent pas son activité, avec des vols locaux quasi quotidiens. L'arrivée du printemps lui permet par contre de reprendre ses voyages. Le 17 avril, il participe à la réception organisée par Bréguet de 18 touristes anglais sur le terrain de Douai-La Brayelle; il évoque alors son projet d'un voyage en Russie avec son ami, sous réserve d'obtention des aurorisations nécessaires. En mai, il est de nouveau en Bourgogne, à Chalon-sur- Saône, avec Michaud.


                Fin juillet, son retour aux Etats-Unis étant programmé, Dick met en vente son Farman F.200. Cela ne l'empêche néanmoins pas de se rendre à Berlin début août.


                Le F-AIYO est enfin enregistré au nom de son réel propriétaire en octobre 1930. Sans doute toujours invendu et stocké chez Farman, le F-AIYO est rayé du contrôle le 3 avril 1931.

¤ 1932 - 1939



            Le 5 novembre 1932, sur le terrain de Le Havre-Bléville, Freton livre le F.200 n°1 à Léon Molon, ancien coureur automobile et pionnier de l'aéronautique, président de l'Aéro-Club du Havre où il possède un grand garage automobile. A cette occasion, le F-AIYO remis en état par Farman est repeint dans une livrée plus attrayante.

 

                Le 16 septembre 1933, il passe sa visite à Bléville, le registre affichant alors 425 heures de vol, valeur peut-être erronée car, lors de sa visite du 19 avril 1938, le F-AIYO est donné pour 430 heures de vol.

                

                Le F-AIYO restera basé au Havre-Bléville jusqu'en 1939. Le 16 juin 1939, il est mis en vente par la Société Commerciale d'Aviation, au nom de laquelle il est enregistré, mais reste peut-être basé au Havre ce qui expliquerait qu'il semble avoir été mobilisé dans la région.        

¤ 1940



                Nous connaissons deux photographies de cet appareil prises pendant la débâcle. Sur l'une, datant probablement de 1940, le F-AIYO est abandonné dans un champ en compagnie d'épaves et d'autres appareils, dont le F.200 F-AJRZ. Il se peut que le F-AIYO provienne comme ce dernier de l'Ecole Elémentaire de Pilotage de Dinan (EEP 34).

                Une image plus tardive vue sur le net montre trois soldats allemands posant devant le fuselage de l'appareil dans un cimetière d'appareils en plein champ.

                Le F.200 n°1 possède alors un fuselage de couleur sombre bordé d'argent avec immatriculation de fuselage blanc-argent, voilure argent à l'immatriculation noire, inscription Farman Salmson.

Derrière le F.202 n°7 F-AJRZ, parmi d'autres appareils provenant vraisemblablement de l'Ecole Elementaire de Pilotage de Dinan (EEP 34) apparait le F.200 n°1 F-AIYD dans sa livrée de fin de carrière surchargée du drapeau de dérive. [Collection particulière]

F200 n°2

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