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F190
Présentation
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F190
Présentation

F. 198 n° 1, c/n 7172, AIR 2-1611

F-AJNH


¤ 1930


                Tous les motoristes cherchent à être présents sur le F. 190, ce qui multiplie le nombre de versions. Coupet dira : "Le F. 198, version raid, était équipé d'un moteur Renault de 250cv. Il y en avait pour tous les goûts et peut-on penser, sans une certaine tristesse, à cette époque d'il y a 40 ans, où six motoristes français se disputaient l'équipement d'une cellule."


                En mai 1930, Les Ailes annoncent que le montage du F.198 n°1 se termine à Toussus autour de la cellule F.190 n°40 produite sous le numéro constructeur 7172 et équipée d'un moteur Renault 9 Pa.

                Le montage semble néanmoins plus délicat que prévu : début juin, la participation de l'avion aux journées de Vincennes est annoncée, mais il n'y apparaît pas car ce mois là, Coupet présente en fait l'avion au S.T.Aé.

                Début octobre, le F.198 n°1 reçoit un nouveau moteur. Le CdN/CdI 2600 associé à l'immatriculation F-AJNH lui est délivré le 18 octobre 1930. L'avion, enregistré à la Société des Usines Renault, sera utilisé par Ludovic Arrachart, directeur des Services Aviation de la société, et entretenu par son mécanicien Puillet.


¤ 1931


                Le 26 janvier 1931, Arrachart et Puillet décollent du Bourget pour aller dépanner Marcel Lallouette et Jean de Permangle, tombés en panne à Mopti (Mali) après avoir battu le record de distance en ligne droite à bord du Farman 231 F-AJTB.                 Arrivé le soir à Marseille, Arrachart en repart le lendemain au lever du jour, rejoint Alicante, puis Tanger et se pose en fin de soirée à Casablanca. Le 28, Arrachart repart vers Agadir qu'il atteint à 18h00. Le 29, il fait étape à Port Estienne, puis à Dakar. Le 31 janvier, il rejoint Lallouette et de Permangle à Mopti.

Le F.198 F-AJNH de Ludovic Arrachart . [© Michel Barrière]

                Le F.231 est réparé par échange de l'un des cylindres du moteur Renault 4 Pei. Après avoir effectué un essai satisfaisant, Lallouette décolle le 2 février peu avant midi suivi par Arrachart et, à 16h30, les deux appareils se posent à Gao. Le 3, ils décollent de bonne heure, traversent le désert et se posent en fin de soirée à Aoulef. Le 4, ils rallient Béni Abbés puis Colomb-Béchar. Partis le 5 février au lever du jour, les deux Farman, volant toujours de concert, se posent à Tanger et le 6 traversent ensemble la Méditerranée pour se poser à Alicante où Lallouette et de Permangle décident de rester quelques jours. Arrachart continue donc seul pour Perpignan. Le 7 février à 7h00, il est de nouveau dans les airs et, après un ravitaillement rapide à Lyon entre 11h00 et 11H30, il se pose à Toussus en début d'après-midi.


                En mai, Arrachart participe au rallye aérien de Bucarest. Le 29 août, il décolle à 8h15 de Toussus avec 3 passagers pour participer au Rallye d'Anvers. En septembre, revenu d'Anvers, il participe au rallye Deauville-Cannes.


                En fin d'année 1931, toujours piloté par Arrachart accompagné de Puillet, le F-AJNH effectue un voyage de promotion de Paris à Madagascar. Ce voyage a pour but l'étude des deux grandes voies aériennes entre la France et Madagascar. Pratiquement en même temps que Goulette et Salel qui passent par la vallée du Nil, Arrachart et Puillet s’envolent pour Tananarivepar une route différente. Ce voyage n’est en effet pas un raid : outre la promotion de l'appareil pour Renault, Arrachart a en effet reçu du Ministère de l’Air la mission de reconnaître les terrains jalonnant la route de Tananarive et de déterminer les travaux à exécuter pour rendre rationnelle l’organisation de cette ligne.


                Le départ du F.198 n°1 F-AJNH de Toussus-le-Noble a lieu le 23 novembre à 11h05; le soir même, il se pose à Marignane. Le lendemain, il est à Oran où il reste une journée avant de partir le 26 à 7h00 pour Colomb-Béchar. Le 27, il est à Reggan où Arrachart s’arrête afin de préparer la traversée du Sahara. Le 29, le F-AJNH décolle plein Sud, accompagné du F.190 F-AJDD de la Compagnie Aérienne Française, piloté par Obrecht qui effectue l’inauguration officielle du trajet transsaharien Reggan – Gao.


                Le 30, poursuivant sa route, le F-AJNH est à Kano. Fort Lamy est atteint le 1er décembre. Arrachart y passe deux jours avec son frère Paul, lieutenant pilote de l’escadrille de l’aéronautique d’AEF, avec lequel il a établi le record du monde de distance en juin 1926 entre Paris et Shaibah. Le 4, il s’envole de bonne heure vers le Sud-Est et gagne Fort Archambault avant de poursuivre sur Bangui. Le 5, il rejoint Brazzaville (capitale de l’AEF) après avoir effectué une étape à Coquilhatville.

                Pendant deux jours, Arrachart prépare la suite de son vol, prenant contact avec les autorités du Congo Belge.

                Le 7 décembre, le F-AJNH reprend sa route et décolle en destination de Luluabourg qu’il atteint en fin de soirée. Le lendemain, il repart pour Élisabethville. Le 9, le Farman est à Tête puis à Quelimane le 10. Le 11 au matin, il décolle pour sa dernière étape, survolant le canal de Mozambique avant d’aborder Madagascar par le cap Saint-André. Prenant de l’altitude, il traverse les hauts plateaux pour rejoindre Tananarive.

                Le 13, Arrachart ne donne pas moins de quarante baptêmes pour la première fête de l’Air sur le camp d’aviation d’Ivato. Le lendemain, René Lefèvre arrive à bord de son Mauboussin. Après avoir comparé les chemins qu’ils ont empruntés, les deux pilotes échangent leurs cartes, Arrachart décidant de rentrer en France par l’Égypte.

                Le 16, Puillet consacre la journée à la préparation du Farman et le 17, ils s’envolent en direction de Dar Es Salam atteinte le même jour après avoir traversé le canal de Mozambique. Le 18, ils arrivent à Juba. Le 19, alors qu’ils se dirigent vers Khartoum, ils rencontrent un violent vent de face. N’ayant pas assez d’essence pour rejoindre la capitale soudanaise, ils sont contraints de se poser à la limite de la panne sèche à Renk où Arrachart met presque trois heures pour ne trouver que 40 litres d’essence. Ce carburant lui permet de reprendre son vol vers Khartoum mais, à hauteur des faubourgs, la panne sèche menace et Arrachart se pose à l’aveuglette sur le premier terrain convenable.

                Le lendemain, l’équipage rejoint l’aérodrome de Khartoum avec l'avion déchargé et un minimum de carburant. Les pleins rapidement effectués, il repart vers Assouan à basse altitude et s'y pose à midi. Reparti le 21 de bonne heure, il parvient à Héliopolis vers midi. Le 22 à 6h45, il continue son trajet et rejoint Benghazi où l’équipage passe la nuit. Le lendemain, il est à Tunis. Le 24, il décolle à 4h30 d’El Aouina, traverse la Méditerranée et se pose à Marignane à 9h35.

Puillet et Arrachart devant le F.198 n°1 [Coll Franck Roumy]

                Bloqué plusieurs jours à Marseille du fait du brouillard qui couvre le nord de la France, Arrachart repart le 29 décembre à 9h10 avec son épouse et Puillet. La tempête souffle et il se pose à Bron de 10h15 à 11h30, puis à Nevers à 14h40, enfin à 15h30 à Orléans où il passe la nuit. Le lendemain, ayant quitté Orléans à 10h00, il est à Toussus une heure plus tard et, après une escale de trois quarts d'heure, rejoint Le Bourget, profitant d'une éclaircie.


¤ 1932


                Le 12 mars, à bord de l'avion piloté par M. Arrachart, M. Bouessé, député de la Mayenne et Président des Mutilés de l'Air (lui-même pilote-aviateur et défenseur au Parlement de l'aviation de tourisme) survole le ministère des Affaires Étrangères au cours des obsèques d'Aristide Briand et laisse tomber une gerbe avec un ruban portant l'inscription : "Hommage de l'Aviation à Aristide Briand".

                Ce même mois, Arrachart participe avec le F.198 au Rallye du Maroc.


                En avril et mai, le F.198 n°1 est présenté dans la salle officielle française à la première Exposition d'Aviation d'Athènes qui se déroule à partir du 10 avril 1932; parti dans la première quinzaine d'avril, Arrachart revient fin mai.

                Dans la première quinzaine de juin, Arrachart effectue un voyage Toussus- Bruxelles et retour. Le 19 juin, en tant que président de l'Aéro-Club de Lons-le-Saulnier, il vient participer à la journée aérienne du club sur le terrain de Courlaoux avec son F.198 transportant Mme Arrachart et M. de Paraize, délégué de la F.N.Aé.


                En juillet, il participe au rallye d'Auvergne, puis au rallye de Deauville.


                Mais en octobre, la décision est prise de vendre l'appareil. Le 31 décembre, le F.198 n°1 est remis par Arrachart et Puillet à M. Delavergne qui vient d'en faire l'acquisition pour la Société des Transports Aériens Français (STAF).

Le F.198 n°1 en service à la STAF [Coll. Michel Barrière]


¤ 1933 - 1936


                Début janvier, l'avion subit une complète révision. Le 9 février, Thuau, chef-pilote de la STAF effectue un essai du moteur au point fixe. Le lundi 3 février, l'avion dont la cellule est complètement révisée est pesé au S.N.Aé. en présence d'un représentant de Veritas en vue de sa remise en catégorie "Vol".


                Le 1° mars, Thuau effectue un premier vol du F.198 ; le 3, il fait un autre vol, cette fois avec la charge complète. En mai, le F-AJNH est enregistré à la STAF. Il y effectue des vols à la demande (voyage privé Paris-Madrid du comte de Vibraye, piloté par Pharabod début novembre, par exemple) et quelques liaisons saisonnières vers l'ouest ou le sud-ouest de la France (Deauville, Le Touquet, Biarritz,…).


                En juillet, l'avion participe au Tour de France des avions de tourisme.


                En septembre, la liaison Paris-Biarritz est quotidienne, hors dimanches et fêtes, la correspondance étant assurée avec les vols en provenance ou à destination de Londres et Amsterdam. L'aller simple coûte 600 francs et l'aller-retour 1000 francs.


                L'activité se poursuit de façon similaire en 1934, mais l'équilibre financier de la STAF est précaire, et la société cesse ses activités en 1935.

                En juillet, les appareils de la compagnie sont vendus aux enchères au Bourget par Maitre Collin de l'Hotel Drouot. Le F.198 est adjugé 5100 Francs aux Entreprises Photo-aériennes Moreau. (Le Fokker VIIA sera adjugé 2850 Francs).


                Enregistré en novembre au nom de François Moreau, le F.198 n°1 est baptisé "Avion Bleu VII" et converti le 9 octobre 1936 en F.192 n°24.

  

Le F-AJNH dans la livrée "rouge et argent" de la STAF. [© Michel Barrière]

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F198 n°2

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