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F190
Présentation
Présentation
F190

F. 197 n° 8, n/c 7339, AIR 2-2425

F-ALUZ


¤ 1933 - 1934

                

                Pendant l'hiver 1933-34, Seligman cède son F. 198 n°2 F-ALUZ à la Société Nouvelle du Journal Paris-Soir. Le journalisme nécessite plutôt un appareil capable de grands voyages, éventuellement coloniaux, qu'un luxueux appareil de grand tourisme. C'est donc converti en F.197 n°8 que le F-ALUZ est enregistré en mai 1934.


¤ 1934


                Le F.197 n°8 F-ALUZ semble cependant avoir pris du service à Paris-Soir avant la date de son enregistrement formel. L'appareil est désormais peint en orange tango et gris argent. Le 11 avril 1934, Savarit (Savary?) effectue un vol Toussus-le-Noble – Lisieux et retour. Le 30 avril, accompagné du photographe Gabriel Gillet, il effectue la première mission professionnelle de l'appareil à l'occasion de la course cycliste Paris - Tours. Le dimanche 6 mai, il prend des vues aériennes du stade de Colombes à l'occasion de la Coupe de France de football.

                Le 4 juillet, le F-ALUZ toujours piloté par Savarit est présent pour le départ du Tour de France cycliste qu'il suivra de bout en bout. L'appareil est utilisé soit pour photographier la course, soit pour assurer le retour rapide à Paris des clichés et films pris en vol ou au sol. Le Farman est indéniablement présent le 29 pour l'étape Nantes- Caen.

                Le 1° novembre, Paris-Soir assure le retour à Londres de Madame Scott, épouse du vainqueur de la course Londres - Melbourne, qui vient d'effectuer un séjour à Paris. Son pilote est Savarit.

                Au bilan de l'année 1934, le F-ALUZ a effectué divers voyages en France ou dans les pays proches. On trouve ainsi mention de voyages effectués au Havre (avril), à Angoulême (mai), à Perpignan (juillet), à Bordeaux (août), au Havre de nouveau (septembre), encore à Bordeaux (octobre), à Bruxelles (décembre) ou Istres (janvier 35).

A gauche, le F-ALUZ survole le peloton le 29 juillet 1934 lors de l'étape Nantes - Caen du Tour de France cycliste.


Ci-dessous, le 1° novembre 1934 au Bourget. Savarit se prépare à ramener à Londres Mme Scott, épouse du vainqueur de la course Londres-Melbourne et l'une de ses amies, Mmme Lucas. De g. à dr : Mme Aslangul, René Barotte, Mme Lucas, Savarit, Mme Scott.

[Source : Paris-Soir]


¤ 1935


                Au début du mois de mars 1935, une grave crise politique secoue la Grèce. Le général Venizelos s'insurge contre le gouvernement. Soutenu par des unités des trois armes, il prend le contrôle de la Crète. Mais ses partisans isolés sur le territoire grec ne peuvent résister à la mobilisation des troupes loyalistes. Devant les succès gouvernementaux, sa révolte s'achemine inéluctablement vers l'échec et il prépare sa fuite en Crète où les insurgés résistent encore. Bien que l'ensemble du territoire grec soit alors interdit de survol, une équipe de Paris-Soir composée du pilote Edmond Abraham, membre de l'Aéro-Club de France, conseiller technique de Paris-Soir et chef du Service Aviation du journal, du radio Bouillut et de la journaliste vedette du journal, Madame Titaÿna, décide de se rendre en Crète pour réaliser un reportage et interviewer Venizelos.


                Le 7 mars, l'équipe quitte le Bourget à bord du F-ALUZ. Les aviateurs passent par Marseille, Rome, Naples et Tarente. Retardés par les formalités administratives, ils décollent le 11 mars du terrain de Grotaglie pour rejoindre directement la Crète, la Grèce étant interdite de survol. Par un temps bouché, ils abordent l'île à 16h50. Leur intention est d'atterrir sur le terrain d'aviation de La Canée, mais ils sont accueillis par des rafales de mitrailleuse qui endommagent les ailes. Abraham réussit à s'esquiver vers la mer en volant à basse altitude derrière des habitations. Il veut se poser sur la plage, mais se trouve confronté à l'artillerie des navires insurgés qui ont pris la mer pour l'intercepter. Après avoir effectué divers essais infructueux pendant une quarantaine de minutes, Abraham décide de se poser sur un terrain dégagé de 150 mètres, évitant la foule, environ 2000 personnes, qui est accourue.

                Si Abraham réussit à se poser en perte de vitesse, le fuselage ne résiste pas à l'atterrissage trop violent et se coupe en deux à hauteur de la cabine : le poste de pilotage est enfoncé et l'hélice brisée. Prise à partie par la foule, l'équipe du journal a du mal à se faire comprendre et à faire admettre que leur appareil et eux-mêmes représentent un journal français. Ils sont dégagés par la police à cheval, après l'arrivée des autorités. Après que la foule se soit calmée, ils sont conduits à l'hôtel. Titaÿna est alors autorisée à interviewer Venizelos, entretien important à l'occasion duquel il annonce son intention de déposer les armes et de se rendre en Italie. Cet entretien est effectué à bord du croiseur Averoff qui amène Venizelos en Italie. Pendant ce temps, Abraham et Bouillut récupèrent les seuls éléments réutilisables du Farman : le moteur et la TSF, abandonnant la carcasse sur place.

                En avril 1935, l'avion est enregistré comme détruit.

Sur le terrain de La Canée, le radiotélégraphiste Bouillut, appuyé sur le capot de l'appareil encadré par les militaires et la foule, devant le F.197 n°8 dans un triste état, comme en témoigne également la photo de droite. Seuls le moteur et la radio seront ramenés.

[Source : Paris-Soir]

F197 n°7

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