crezan
F190
Présentation
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F.197 n° 7, n/c 7211, AIR 2-1195

F-AJTS


¤ 1931


                En août 1931, Wauthier envisage de faire un voyage de Paris à Pékin par la Sibérie avec retour par la Route des Indes en compagnie de Gustave Bonnet. Il fait alors remplacer le Gnome-Rhône de son Farman F190 n°51 par un Lorraine Mizar. Le 23 septembre, l'avion est enregistré comme F197 n° 7. Les ailes d'origine, sans réservoirs de bord d'attaque, sont conservées ainsi que le réservoir supplémentaire en cabine. L'avion est équipé d'une hélice métallique Levasseur et d'un filtre à sable.

                En octobre, alors qu'il accompagne avec son Farman le Tour de France du concours national technique des avions de tourisme assurant à cette occasion le transport de Hirschauer, Wauthier abandonne le projet de voyage à Pékin et envisage un voyage vers les Indes néerlandaises. Mias le hasard des rencontres va le renvoyer en Afrique.

¤ 1932


                Le 18 janvier 1932, l'écrivain américain William Seabrook cherche un appareil pour se rendre à Tombouctou pour rencontrer le père Yacouba, un ancien père blanc sur lequel il prépare un ouvrage. Un ami lui présente Wauthier, qui a décidé de passer en Afrique les 40 jours de la permission qu'il prend chaque année à cette époque favorable à la réalisation de tels voyages. Les deux hommes tombent rapidement d'accord et le 21 janvier à 9h30, Wauthier, Seabrook et une amie romancière, Marjorie Worthington, quittent Toussus.

                Après un passage à Poitiers pour y abandonner discrètement les parachutes règlementaires, mais que Wauthier juge sans réelle utilité dans cet appareil, ils ravitaillent à Toulouse-Francazals, puis survolant Barcelone et Alicante, rejoignent Carthagène. Repartis le 22 à l’aube, ils rencontrent une heure plus tard une épaisse couche de nuages sous laquelle Wauthier se glisse; le plafond s'abaissant, il passe au-dessus de la couche jusqu'à la côte. Sous un ciel dégagé, il se pose sur le terrain d’Oran, attendu par les amis de Wauthier que Carthagène a prévenu de leur arrivée. Remisant l’avion dans le hangar, Wauthier décide de rester une journée complète afin de réviser le moteur.


                Le 24 au matin, les voyageurs décollent, se posant quelques heures plus tard à Colomb-Béchar pour ravitailler, et atteignent en fin de journée Reggan pour y passer la nuit, hébergés au bordj Estienne dans un hôtel de la Compagnie Générale Transsaharienne (C.G.T.). Le lendemain Wauthier fait étape à Bidon V vers midi pour passer la nuit dans ce lieu exceptionnel. Le 26, peu après leur départ, ils rencontrent une violente tempête de sable et Wauthier effectue un atterrissage d'urgence, mettant ses passagers à contribution pour sécuriser et arrimer l’avion. Puis tous attendent, abrités dans une tranchée, la fin de la tempête; à 15h00, le Farman peut rejoindre Gao, se posant au crépuscule sur le terrain militaire. Le 27 janvier, après une nuit de repos, l’équipage repart au lever du jour vers Tombouctou où il se pose pour le petit déjeuner.               

Le F-AJTS converti en F.197 au Sahara en janvier 1932. Devant l'appareil: Seabrook

[Coll Michel Barrière]

Le F.197 F-AJTS en janvier 1932. Sous le second hublot, les étapes de la mission transsaharienne peintes par Wauthier lui-même : PARIS, RABAT, ALGER, GAO, LE TCHAD. Sous le hublot arrière, le voyage en cours : PARIS, TOMBOUCTOU [© Michel Barrière]


                                L'escale à Tombouctou dure jusqu'au 2 février. La veille du départ, Wauthier apprend par la TSF, sans s'inquiéter outre mesure, que Reginensi, qu'il connait depuis l'école, et ses équipiers se sont posés dans le désert. Le 2 février, le Général Laperrine quitte Tombouctou, suit le Niger pour se poser peu avant midi à Bamako où, reçus par le lieutenant Jouhaud et le capitaine Morgan de l’escadrille de Bamako, ils décident de rester quelques jours. Le 4 février, apprenant que Reginensi n’a toujours pas été retrouvé, Wauthier envoie un télégramme au Ministère de l’Air pour proposer son aide, qui est acceptée. Avec l'accord de ses passagers, il décide de remonter sur Gao et d'y laisser Marjorie Worthington et les bagages qui les rejoindront à Reggan avec une voiture de la C.G.T.; Seabrook et lui-même continuent vers In Salah pour se mettre aux ordres du colonel Vuillemin.

                Le 5, alors que le jour n’est pas encore levé, le Farman s’envole donc vers Gao atteint en fin d’après-midi. Parti à 4h00 du matin le lendemain, il rejoint Reggan pour ravitailler et se reposer, puis le 7, décolle dans la nuit pour se poser à 9h00 à In Salah. Vers 10h00, Wauthier apprend le sauvetage de Reginensi et ses équipiers par Vuillemin; tous se regroupent le soir même à In-Salah. Revenu à Reggan, le Farman stationne du 8 au 11 février au bordj Estienne où les deux hommes visitent les oasis environnantes en compagnie d'Estienne. Le véhicule amenant Marjorie Worthington, dont le chauffeur s'est égaré dans le désert, ne rallie l’oasis que le 12 en fin de soirée. Le 14, l'avion rechargé repart vers 5h00 du matin pour Oran, faisant escale à Colomb-Béchar pour ravitailler. Victime d’une panne d’indicateur de pression d’huile, Wauthier est obligé de se dérouter sur le terrain de secours d’Ain-Sefra pour réparer, arrivant vers 14h00 à Oran où ils assistent, ainsi que Bossoutrot et Rossi, au baptême du Potez 36 "Ville d'Oran" offert au club par la municipalité

                Repartis vers la métropole le 16, ils se posent à Séville pour la nuit. Le 17, ils traversent l'Espagne, survolant Madrid, franchit les Pyrénées enneigées au Somport avant de se poser à Biarritz. Le 18, l’avion repart à 6h05 du matin et se pose à Poitiers pour y reprendre les parachutes. Après une nuit de repos, le Farman est de retour au Bourget le 19 février à 15h05. Parmi les personnalités présentes à l'arrivée au Bourget se trouve la comtesse de Bomberghen, membre de la Société de Géographie, spécialiste des questions d'histoire et d'ethnographie, qui deviendra peu après Madame Wauthier.


                Au troisième trimestre 1932, le F.197 n° 7 est enregistré comme détruit dans des conditions inconnues.

F197 n°6

F197 n°8

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