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F190
Présentation
Présentation

F.192 n° 14, n/c 7224, AIR 2-1919

F-ALAQ


¤ 1931


                Le F.192 de grand tourisme destiné à Armand Esders est réceptionné par Lucien Coupet le 15 juillet 1931. Esders en prend livraison le même mois, et participe au rallye de Deauville avec cet appareil baptisé "Jade Vert IV". Le Farman n'est formellement enregistré que le 28 septembre 1931 avec les CdN 1773/ CdI 2977. Il est équipé d'un réservoir d'essence de 370 litres, d'une hélice métallique et d'un bâti-moteur orientable.

                Disposant d'un pilote attitré nommé Deckert, Esders et sa famille, tous membres de l'Aéro-Club de France, utilisent fréquemment le Farman de 1932 à 1934 pour des promenades et voyages d'agrément. Ils voyagent beaucoup en région parisienne ou vers la côte atlantique. Armand Esders est en effet le mécène et le Président de "Deauville-Aviation", assurant une marge part de la création et de l'aménagement de l'aéroport.

                En juin 1932, le journal "Les Ailes" donne une description détaillée de son appareil : "Le Président de "Deauville Aviation", M. Armand Esders, possède un luxueux avion Farman 190 à moteur Salmson de 230 cv, dont il se sert continuellement pour son plaisir ou ses affaires.

                Cet appareil, le "Jade Vert" - dont le nom indique la teinte, est peint d'une couleur identique à celle de la voiture Hispano de M. Esders. La laque, d'un beau poli,  contraste heureusement avec les enduits rugueux imposés jusqu'ici à nos avionneurs par le S.T.Aé. La cabine rivalise d'élégance avec l'aspect extérieur de l'appareil ; l'aménagement en est en tous points semblable à celui de la plus belle conduite intérieure. Pour atténuer le bruit, assez discret cependant, du Salmson, M. Esders a fait installer le compartiment à bagages entre la porte du poste de pilotage et celle de la cabine; de plus, les parois de celle-ci sont garnies de kapok. Cette soute constitue donc un compartiment isolant grâce auquel on peut aisément converser dans la carlingue, sans avoir besoin d'élever la voix."

                Malgré l'affirmation de l'article, Esders n'utilisera guère son avion personnel pour ses voyages d'affaires, considérant qu'il ne garantit pas nécessairement la fiabilité et la ponctualité qu'il estime nécessaire.

  

Le F-ALAQ - date et lieu inconnus - laisse entrevoir l'aménagement des fenêtres de la cabine induit par la position de la soute à bagages. Le gouvernail porte une décoration dont la signification reste indéterminée. [Coll Michel Barrière]


¤ 1932 - 1934


                En avril et mai 1933, M. et Mme Esders, pilotés par Deckert, gagnent le Maroc via Madrid et Séville. Ils font ensuite un grand circuit marocain, visitant Casablanca, Rabat, Fez, Marrakech, Meknès, Agadir et Taroudant avant de rentrer en France. En août de la même année, toujours piloté par Deckert, Esders effectue une longue croisière dans les pays scandinaves par Bergen et le Cap Nord survolant l'océan glacial arctique.

                Bien qu'Esders ne l'utilise pas pour ses déplacements professionnels, le Farman  vole beaucoup. Le 7 octobre 1933, le journal "L'Aéro" note : "Deckert continue à totaliser des heures de vol à bord des avions de M. Esders qui, avec sa famille, parcourt toute le France. Encore tout récemment, il a effectué le trajet Toussus-le-Noble – Bordeaux et retour."


¤ 1935 - 1939


                Dans la première quinzaine de juin 1935, l'Aéro-Club de Normandie s'enrichit de deux nouvelles unités, dont un F.192 appartenant à Jean Couitéas de Faucamberge. Ce n'est cependant qu'en juillet que le F.192 n°14 est enregistré à son nom, et basé au Bourget.

                Né à La Marsa (Tunisie) en 1901, Jean Couitéas de Faucamberghe est ingénieur-chimiste, directeur de la société hydroélectrique "la Valentinoise" et de plusieurs sociétés d'exploitation de réseaux électriques dans les Pyrénées et le sud de la France. C'est également un tennisman reconnu, pilote civil et, dans l'ensemble, un touche-à-tout.


                Le 30 avril 1936, cet appareil est enregistré au nom de Jean Horlaville, membre actif de l'Aéro-Club de Normandie, avec une hypothèque ouverte au nom de Jean Couitéas de Faucamberge. Il est cependant possible qu'Horlaville ait piloté cet appareil beaucoup plus tôt car, lors d'un meeting à Porto fin septembre 1935, il réalise des démonstrations étonnantes avec un avion de transport qui pourrait être le Farman.

                Basé à Rouen, Horlaville utilise régulièrement le F-ALAQ pour des présentations et baptêmes de l'air en meeting notamment dans le nord-ouest de la France. Il participe par exemple au meeting du Mans, organisé par l'Aéro-Club de la Sarthe, le 4 avril 1936. Il est également présent aux Fêtes d'aviation du Mans le 13 septembre, y donnant plus de 200 baptêmes de l'air. Il est de nouveau présent aux Fêtes aériennes du Mans les 29 et 30 mai 1937; il participe à cette occasion à la première Coupe Aérienne du Mans finissant à la 8° place (sur 15 avions), sur le trajet Rouen – Toussus – Orléans – Tours – Angers – Le Mans, avant de donner les traditionnels baptêmes de l'air, notamment en vols de nuit.

Le F-ALAQ aux Fêtes d'aviation du Mans, le 13 septembre 1936. Malgré la mauvaise qualité de cette photo de presse, on entrevoit l'aménagement particulier des ouvertures de la cabine induit par la position originale de la soute à bagages, derrière le poste de pilotage. [Ouest Eclair]


                En 1939, le F.192 n°14 est mobilisé comme avion sanitaire. Il disparait dans la tourmente.

F192 n°13

F192 n°15

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