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F190
Présentation
Présentation

F.192 n° 13, n/c 7178, AIR 2-1774

F-AJTU

¤ 1930


                La cellule F.190 n°44 correspondrait à un appareil produit au printemps 1930. D'après la liste de production, il s'agirait du F.192 n°13 (n/c 7178) livré à Armand Esders en novembre, alors que l'appareil qui lui était destiné, en fait un F.198 d'après la presse de l'époque, est réceptionné à Toussus dés les premiers jours du mois d'août. L'explication de cette anomalie apparait liée à la décision prise à la mi-août par le gouvernement français d'offrir un luxueux F.192 au Négus pour son couronnement. Esders aurait alors cédé à l'Etat son appareil qui, recevant un nouveau moteur et une nouvelle voilure, aurait été converti en F.192 et offert au Négus.


                En remplacement, Esders aurait reçu un F.192, dont la destination initiale est inconnue. Il s'agit probablement d'une commande gouvernementale, annulée ou repoussée. En 1930, il pourrait s'agir d'un F.190 commandé au titre des monomoteurs coloniaux dont nous ne trouvons pas trace dans la production Farman de 1930. Parmi les curiosités de l'époque figure notamment le "F.192 R4 immatriculé F-AKER" de reconnaissance coloniale qu'une preuve photographique montre finalement construit début 1931 comme F.290 n°1 avec moteur Gnome-Rhône série K.


¤ 1930


                En octobre 1930, le F.192 n°13 d'Armand Esders est au montage à Toussus-le-Noble. Il est réceptionné peu après. Avec un réservoir standard de 360 litres, il est enregistré le 17 novembre 1930 avec les CdN 1774 et CdI 2626 sous l'immatriculation F-AJTU et basé à Toussus-le-Noble. Cet appareil aurait été baptisé "L'Epervier" alors qu'Esders dénommait habituellemnt ses appareils "Jade Vert". Esders semble ne pas avoir apprécié l'appareil dont nous ne connaissons malheureusement aucune photographie. Il le remplace dès juillet 1931 par un nouvel F.192 qu'il gardera ensuite jusqu'en 1935.


¤ 1931 - 1936


                Le 24 octobre 1931, peu après qu'Esders ait pris possession du F.192 n°14, le F.192 de grand tourisme d'Esders est enregistré au nom de Roland Coty. Directeur des parfums Coty et du journal L'Ami des Sports, pilote automobile, Roland Coty soutient l'aviation comme son père, le célèbre parfumeur et propriétaire du Figaro, mécène de l'aviation de record. Si Coty est pilote, son F.192 est néanmoins le plus souvent piloté par Delage. C'est le cas le 25 octobre lorsqu'il assiste au meeting de Tours organisé au profit de la Maison des Ailes. Il effectue ensuite des voyages de tourisme régulièrement en France vers sa propriété au voisinage de Tours et des destinations touristiques (Deauville, Cannes).


¤ 1937


                Le 15 mars 1937, le F.192 F-AJTU est enregistré au nom de Louis Lejeune (Esbly), puis le 13 avril 1938 à celui de Jean-Baptiste Salis.


¤ 1938 - 1939


                Le 9 juin 1938, il est enregistré au nom de Julien Latscha, dirigeant d'une société de transport et correspondant local d'Air France. Il semble que la famille Latscha soit très motivée par l'aviation. Le 28 octobre 1934, Potez crée une école de pilotage à l'aéro-club du Pays de Montbéliard. En novembre 1934, on trouve comme élèves Edmond et Julien Latscha. A partir de janvier 1935, on y trouve aussi Alfred Latscha.

                Julien Latscha, qui a appris à piloter dans la station Potez créée en octobre 1934, joue un rôle déterminant dans le soutien à l'Aéro-Club du pays de Montbéliard et dans le développement de l'aéroport de Courcelles. En 1938, il finance l'installation d'une station service sur l'aéroport de Courcelles-lès-Montbéliard, en même temps qu'il acquiert le Farman ("un superbe avion de transport huit places, très performant "). L'ensemble est géré dans le cadre de la société Aéro-Service Latscha, créée à cette fin. L'avion est affecté aux baptêmes de l'air, aux voyages et promenades. "Pour que tous puissent goûter au charme d'une promenade en avion, les prix ont été étudiés au plus juste. Pour 35 francs, il est possible de s'offrir une belle promenade au dessus de Montbéliard et des environs…" [Le Petit Comtois, 23 juin 1938]


                Le F.192 n°13 est réquisitionné en 1939. Il disparait dans la tourmente.

F192 n°12

F192 n°14

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