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L'Aviation Impériale Ethiopienne

            L'aviation éthiopienne des années 30 ne fut jamais une force aérienne. Elle ne dépassa jamais une douzaine d'appareils. La moitié de cette flotte était constituée d'un ensemble hétéroclite d'appareils de servitude, assurant des missions d'écolage et de transport. L'autre moitié était une "escadrille" de 6 Potez 25 qui, en vertu des conventions internationales, ne disposaient d'aucun armement, si l'on excepte les bombes et grenades que pouvaient éventuellement larguer leur équipage dans le cadre de missions de maintien de l'ordre. Si l'aviation reçut rapidement - achat ou cadeaux - ses premiers appareils, il faut souligner le manque de pilotes jusqu'en 1932, date à laquelle les deux premiers pilotes éthiopiens, lâchés en octobre 1930, furent qualifiés sur les Potez 25. Jusque là, seuls les pilotes français, deux la plupart du temps, avaient cette capacité.

                Durant le conflit italo-éthiopien, quelques appareils supplémentaires apparurent du côté éthiopien, pratiquement tous sous les couleurs de la Croix-Rouge.

                Cependant, en 1935 et 1936, le gouvernement éthiopien, comme le fera un peu plus tard la République espagnole, tenta d'acquérir un certain ombre d'appareils plus ou moins adaptés à un conflit par les moyens les plus divers.

Les appareils de l'aviation éthiopienne de 1929 à 1936

  

  • Août 1929, 3 Potez 25 Lorraine : Les Potez 25 constitueront l'épine dorsale de l'aviation éthiopienne. Commandés au printemps 1929, 3 Potez à moteur Lorraine de 450 cv débarquent à Djibouti en juin 1929. Le premier d'entre eux, monté sur place se pose le 18 août 1929 à Addis-Abeba piloté par Maillet, accompagné de son mécanicien Picaper. Il portera le numéro 1 et sera baptisé Nesre Taffari (L'aigle de Taffari). Le numéro 2 Nesre Asfawossen et le numéro 3 Nesre Makonen le rejoindront un mois plus tard. Bien que fatignés, ces trois appareils sont toujours opérationnels lors de l'attaque italienne. Les n°1 et 3 seront détruits au sol pendant le conflit. Le n°2 sera endommagé début avril 1936 et capturé par les Italiens sur le terran d'Akaki à la prise d'Addis-Abeba. Son sort ultérieur est inconnu.

  

  • Septembre 1929, 1 Junkers W33cEn 1929, l'Éthiopie achète 2 W33c à travers la firme Haymann & Steffen. En avril arrive à Addis-Abeba le pilotes allemands von Engel qui sera rejoint par le comte Schatzberg. Il semblerait que deux W33c soeint effectivement présentés à la douane de Djibouti en juin 1929, mais un seul est confirmé en Éthiopie : le W33c c/n J2539. Il arrive à Addis-Ababa le 5 septembre 1929. Baptisé Rigbe Tafari, il est détruit par accident le 19 décembre 1929 à Dessié, provoquant le décès d'un oncle du Négus. L'appareil est reconstruit et rebaptisé Dessye en 1932-33, à l'arrivée de Ludwig Weber, envoyé par Junkers. Il est possible que cette opération ait été lancée pour compenser la perte de l'un des F.192 en février 32. Malgré quelques incidents, le W33c reste en service jusqu'en 1936. Lors de la prise d'Addis-Abeba, il se serait échappé vers Djibouti  le 3 mai 1936 (selon Monfreid) avant de rejoindre le Soudan britannique. Il se crashe à Roseyres où la RAF le revend à un ferrailleur.

  

  • Janvier 1930, 1 Fiat AS-1 : En 1929, l'Éthiopie achète à l'Italie un FIAT AS-1, équipé d'un moteur Fiat A.50 de 85cv. Cet appareil est utilisé pour la formation initiale des pilotes éthiopiens. L'avion résiste mal au climat éthiopien notamment après le déplacement de l'école de pilotage à Djidjiga où l'absence de hangar le soumet en permanence aux intempéries. Accidenté en juillet 1930, il est considéré comme irréparable. Ses restes sont retrouvés par les Italiens en mai 1936.

  

  • Mars 1930, 1 de Havilland DH 60M (Morane Moth) : En mars 1930, le Vicomte Jacques de Sibour atterrit à Addis-Abeba avec son Morane Moth DH 60M F-AJKT, baptisé "Safari III", récemment acquis à travers Morane-Saulnier. Sitôt en posession de l'appareil, Jacques et Violette de Sibour rejoignent Marseille, y embarquent pour Alger,  puis rejoignent Djibouti par la Lybie, l'Egypte, le Soudan et l'Erythrée. Après un court séjour à Aden, ils recoivent l'autorisation de rejoindre Addis-Abeba sous réserve de marquer l'appreil aux couleurs éthiopiennes et de s'engagement de principe à le vendre éventuellement au gouvernement éthiopien si celui-ci est intéressé. Ils arrivent à Addis-Abeba le 14 mars accompagnés par les Potez 25 de Maillet et Corriger. Les Sibour cèdent effectivement et à contre-coeur leur appareil au Négus à leur départ pour le Kenya le mars. Du fait du manque de matériel et de l'indisponibilité rapide du Fiat, ce sera en fait l'avion d'entraînement principal de l'école de pilotage, malgré plusieurs accidents. Le 15 octobre 1930, voulant montrer ses qualités de pilote après les vols en solo des premiers pilotes éthiopiens, Julian se crashe au décolalge avec le DH60. Il est de nouveau accidenté à Dire-Dawa en 1932, mais est de nouveau réparé et continue sa carrière. Après avoir été mitraillé le 4 avril sur le terrain d'Akaki, il y est capturé par les Italiens en mai 1936.

  

  • Juin 1930, 3 Potez 25 Hispano : Au printemps 1930, Maillet obtient du gouvernement éthiopien la commande de 3 nouveaux Potez 25 à moteur Lorraine, dont un à double commande pour l'entrainement avancé. Suite à l'intervention de l'agent d'Hispano-Suiza, M. Balanos, et à la venue d'Henri Rabatel, directeur commercial du groupe en avril 1930, la commande est convertie en Potez 25 à moteur Hispano-Suiza qui sont  livrés en juin. Furieux e cette intervention, Maillet rédigera un rapport au Négus dans des temes peu mesurés. Cette maladresse, s'ajoutant à d'autres, provoquera la résiliation de son contrat en juillet. n 1935, les Potez-Hispano sont fatigués. Celui à double commande est considéré comme pratiquement hors d'usage. Deux de ces appareils seront détruits au sol, le troisième capturé par les Italiens à Makalle. Ce dernier donné comma ayant un moteur en bon état lors de sa capture aurait été réparé par les Italiens et peut-être de nouveau accidenté car ses restes sont vus en janvier à Makalle par le journaliste Géo Ham.

  

  • Juillet 1930, 1 Farman 192 : Au printemps 1930, le Négus commande à Farman un F192 à moteur Salmson 9Ab 230 cv. Dans son état d'origine, l'avion est équipé d'une hélice bois et ne possède pas de freins. Réceptionné à Toussus le , il est livré à Addis-Abeba en juillet 1930. Il y sert pour le transport de courrier, de fret, de personnel ou la reconnaissance de routes aériennes. Le 13 février 1932, il s'écrase dans une zone boisée à Woll-Woll, prés de Djibouti, lors d'une liaison postale.

  

  • Novembre 1930, 1 Farman 192 : En août 1930, le gouvernement français décide d'offrir un appareil au Négus pour son couronnement. Cet appareil résulte de la reprise de la cellule d'un F198 prêt à être livré à un client privé. L'appareil, déjà luxueusement aménagé et doté de freins Messier, est rééquipé d'un moteur Salmson, d'ailes dotées de grands réservoirs et d'une hélice Reed-Levasseur. Chargé d'un lot de rechanges et d'un outillage complet, il est convoyé en Éthiopie par un équipage militaire (Capitaine Marie, Capitaine Baradez et adjudant mécanicien Demeaux) et remis au Négus par le Maréchal Franchet d'Esperey le 3 novembre 1930. Comme son homologue, il sert pour le transport de courrier, de fret, de personnel ou la reconnaissance de routes aériennes. Pendant la guerre italo-éthiopienne, Il est utilisé pour des vols de liaison, le transport d'armes et éventuellement pour des vols d'observation. Il est incendié par des apapreils italiens lors d'un mitraillage du terrain d'Akaki le 4 avril 1936.

  

  • Novembre 1930, 1 Breda 15 : Un Breda 15 constitue le cadeau officiel du gouvernement italien pour le couronnement du Négus. Il est convoyé en vol depuis l'Italie par un as italien, le Capitaine Alberto Marazzani. Sa carrière dans l'aviation éthiopienne n'a pas laissé de trace marquante; basé apparemment à Akaki, il aurait servi pour des vols d'entrainement. Il est capturé par les Italiens sur l'aérodrome d'Addis-Abeba en mai 1936.

  

  • Février 1934, 1 Fokker F.VIIb/3m : Le Fokker F.VIIb-3m "CH-192" de la Swissair est acquis à l'été 1933 par le ras Nasibu et Michka Babitcheff lors d'un voyage en Europe. Aupravant appareil personnel de Walter Mittelholzer, il a bénéficié en 1930 d'un équipement spécial de photographie aérienne. Mittelholzer le livre lui-même à Addis-Ababa en février 1934. Il y devient "le Fokker du Négus". Il n'est pas vraiment apprécié, du fait de l'entretien moteur lourd qu'il nécessite. Par manque de pilote qualifié, il vole relativement peu. Il est incendié le 20 mars 1936 sur le terrain de Dabat par une attaque italienne.

  

  • Juin 1935, 2 Fokker F.VIIa : Bien que souvent donnés comme étant d'origine française, il semble que ces Fokker soient d'origine polonaise. Ils sont vendus à l'Etiopie par la société Lorraine-Dietrich. Retardés par les contrôles à l'importation, ils n'arrivent que le 14 juin 1935 et sont  baptisés Abba Kagnew and Aba Dagnew, noms de guerre de l'empereur Ménélik et du Ras Makonnen, père du Négus lors de la bataille d'Axum. Le F.VII Abba Kagnew est mis à la disposition de la Croix Rouge le 15 novembre 1935. Tous deux sont détruits en mars-avril 1936 sur le terrain de Korem.

  

  • Novembre 1935, 1 Beechcraft B17L : Le Beechcraft B17L, serial NC14405, c/n 24 est livré à Maurice Salle, agent Beechcraft à Paris en 1935. Son prix élevé ne lui permettant pas de trouver de client, René Drouillet, pilote de Salle, le convainc de tenter la vente au Négus. Drouillet convoie en vol l'appareil, modifié pour en accroitre l'autonomie, jusqu'en Ethiopie et atterrit le 20 octobre 1935 à Addis-Abeba. Une mission d'observation sur le front nord effectuée début novembre, au moment de la chute de Makalle, convainc le Négus de l'acquérir. Drouillet quitte l'Ethiopie le 3 décembre. L'appareil aurait été endommagé dans un atterrissage forcé dans les jours qui suivent et réparé, mais ne semble pas avoir beaucoup volé par la suite. Il est généralement donné comme incendié au sol le 4 avril 1936 sur le terrain d'Akaki, affirmation néanmoins douteuse.

  

  • Décembre 1935, 1 Ethiopia 1 (Meindl Van Nes A VII modifié) : Le Meindl Van Nes AVII est un petit appareil triplace de conception autrichienne, dont un exemplaire vole depuis 1933 en Allemagne sous l'immatriculation D-EDOL. En ayant acquis les plans, Ludwig Weber se voit confier par le Négus la construction par des ouvriers locaux de trois exemplaires du type, modifiés pour s'adapter à l'altitude des hauts plateaux éthiopiens et équipés d'un 7 cylindres Walter NZ 80. En décembre 1935, il effectue lui-même le premier vol de l'appareil qui prend le nom d'Ethiopia 1 et est baptisé "Tsehai", du nom d'une fille du Négus. Ce seul exemplaire avéré de l'Ethiopia 1 est capturé par les Italiens sur le terrain de Jan Meda lors de la prise d'Addis-Abeba. Après avoir été exposé au Musée Vigna di Valle, il n'est plus visible, probablement stocké. Depuis quelques années, le gouvernement éthiopien demande sa restitution.

Les appareils de la Croix Rouge en  1935-1936

  

  • Novembre 1935, F.VIIa "Aba Kagnew" : La Croix Rouge commencera ses activités aériennes en Ethiopie avec les Fokker éthiopiens. Le Fokker F.VIIa "Aba Kagnew" passe sous les couleurs de la Croix Rouge le 15 novembre. ; il est détruit lors d'une attaque au sol dans la plaine de Korem le 17 mars 1936.

  

  • Décembre 1935, 1 Heinkel HD-21 : Carl Gustav von Rosen arrive en Éthiopie en décembre 1935 avec le Heinkel HD-21 immatriculé SE-ACY mis à la disposition de la Croix Rouge pour assurer les communications surr le terrain. L'appareil ne pourra cependant être utilisé du fait de son manque de puissance sur les hauts plateaux éthiopiens et sera cédé au commerçant  régional, basé à Aden, Georges Besse. Son sort ultérieur est inconnu. Au départ de Stockholm, l'avion est entièrement blanc avec croix rouges et couronnes suédoises sur les ailes et le fuselage; drapeau de dérive bleu/jaune. A son arrivée en Éthiopie, les couronnes suédoises sont recouvertes par le drapeau éthiopien. Par la suite, les photographies connues montrent une variation de la décoration qui apparaît plus sombre, les croix rouges se détachant sur un cercle blanc sur les ailes et le fuselage. Le HD-21 est rayé du registre suédois le 14 décembre 1935.

  

  • Janvier 1936, 1 de HAVILLAND DH 84 : Après une carrière privée, le DH-84, serial G-ACKD, c/n 6052 est pris en compte par la Société des Nations le 14 Décembre 1935 et converti en ambulance. Transféré à la Croix rouge éthiopienne, il arrive le 21 Janvier 1936 à Addis-Ababa piloté par le Britannique Charles F. Hayter. Il s'écrase au décollage d'Akaki le 24 février et brûle, l'équipage étant blessé.

  

  • Juin 1936, 1 Fokker F.VIIa : En juin 1936, après l'annexion de l'Éthiopie, Carl Gustav von Rosen intervient sur l'ouest de l'Éthiopie avec le Fokker F.VIIa PH-EHE, ex-KLM, aux couleurs de la Croix Rouge. Retiré d'Ethiopie, cet appareil sera ensuite utilisé du côté républicain pendant la guerre d'Espagne. Posé le 20 mars 1937 par l'allemand Joseph Schumacher du Secours Rouge International à La Yole près de Vendres (Hérault), et immobilisé après retrait du gouvernail par un huissier, le PH-EHE finira incendié à 4H00 du matin le 23 mars 1937.

  

Ceux qui auraient pu être présents : les commandes de 1935-1936

  • Janvier 1935, Junkers 52 : la légende est tenace, alimentée par la propagande italienne et une littérature de l'époque. Mais, si les Allemands proposèrent bien à l'Empereur, l'achat de Junkers 52, avec des conditions de crédit très favorables, ce projet n'y eut aucune suite...

  

  • Novembre 1935, 4 Percival Gull : En novembre 1935, alors que les journalistes affluaient pour rendre compte des événements, le Négus admire un Percival Gull affrété par Brian Allen Aviation... au point d'en commander 4 exemplaires pour les vols de liaison de son état-major. Ces appareils ne furent jamais livrés.

  

  • Février 1936, 1 Beechcraft B17R "L'avion du Négus" : Le 10 février 1936, Drouillet prend livraison du Beechcraft B17R, serial NC15811, c/n 66. Débarqué au Havre le 25 février, l'appareil rejoint Villacoublay où il est mis sous scellés. Malgré la présence de la police, René Drouillet décolle sans autorisation le 2 mai 1936 et rejoint Rome, obligé de se poser par une fuite d'huile. Après la chute d'Addis-Ababa le 5 mai, Drouillet, grâce à l'intervention de son avocat, peut revenir sur Villacoublay le 9 mai. La police et la presse l'attendent : il est mis en examen, l'avion de nouveau sous scellés. Il retrouve son appareil après une légère condamnation en septembre. Contrairement à la vente qu'il effectua en 1935 du Beechraft B17L NC 14405, Drouillet s'est toujours défendu d'avoir acquis ce B17R, appareil inutilisable au combat, au proft du gouvernement éthiopien. Il a toujours prétendu l'avoir acquis pour développer une activité commerciale de services de transport à la demande au profit notamment de la presse (Movietone News). Il faut d'ailleurs noter que l'origine des fonds avec lesquels il achète l'appareil n'est jamais questionnée.

  

  • Mars 1936, Airspeed Envoy : Au début de 1936, des envoyés du Négus auraient passé commande d'un Airspeed Envoy équipé en bombardier. Il est quelquefois dit que, la situation se dégradant, Airspeed, craignant de ne pas finir le montage à temps, aurait équipé succinctement un Airspeed Viceroy. En tout état de cause, aucune fourniture n'a été faite en Ethiopie ; il est possible que cet appareil soit finalement parti en Espagne.

  

  • Mars 1936, Focke-Wulf Fw56 "Stösser" : Début avril 1936, le marchand d'armes britannique John Ball embarque à Anvers 3 Fw56 complets et 3 pilotes allemands. Ces appareils récents auraient été achetés à travers une société suisse. A peine le batiment a-t-il atteint Gibraltar que la chute d'Addis-Abeba rend l'opération caduque. Les appareils seront ultérieurement rachetés par la République espagnole. [Howson]

  

  • 1 Douglas DC-2 : Selon le Général I Fu-en, pilote personnel de Chang-Kaï-Chek, un Douglas DC-2 (DC-2-193) aurait été commandé par le gouvernement éthiopien pour le Négus. Du fait de la chute de l'Ethiopie, il aurait été livré au gouvernement de Kwangtung avant de rejoindre les forces chinoises. Cet appareil aurait servi un temps à la CNAC, avant d'être détruit par un raid japonais. [Air-Britain Archives],

  

  • 1 PZL P-24 : Selon certains, le troisième prototype du P-24 aurait été acheté par l'Ethiopie en 1936. Aucune trace ne vient cependant confirmer ce bruit.

Tous droits réservés - Michel Barrière - crezan.aviation@gmail.com